L’ennemi de l’écrivain

Bonjour,


Bon, à moins de vivre en ermite au fin fond de la jungle amazonienne, vous l’avez remarqué : c’est la rentrée ! 
Ce moment joyeux (ou pas 😉) où toutes sortes de projets se bousculent dans nos têtes et viennent s’ajouter à la longue liste des impératifs quotidiens.


Vous caressez peut-être l’envie de commencer à écrire, ou d’avancer sur votre roman en cours, et j’aimerais vous parler aujourd’hui d’un travers qui peut être préjudiciable pour un auteur : le perfectionnisme !

Dans mon petit guide, « 50 règles et astuces pour terminer votre roman », je vous fais part de cette citation de Sheryl Sandberg : « Mieux vaut fait que parfait. » C’est un mantra que je me répète souvent, car l’excès de rigueur m’a beaucoup paralysée au début de mon parcours littéraire.


J’ai mis plusieurs années à rédiger mon premier roman, « la génération spontanée des grumeaux ». Je passais une heure sur chaque paragraphe, retouchant les phrases une à une jusqu’à ce que leur sonorité me convienne. Je ne m’étais donné aucun objectif en termes de nombre de mots par semaine, aucune deadline pour le terminer. J’écrivais à la vitesse d’un escargot, mon projet n’avançait pas, je me sentais découragée, et le manuscrit manquait de cohésion, car certains chapitres avaient été écrits des mois auparavant… bref, des années de travail pour un texte maigre et décousu, une réussite ! 😅
En comparaison, j’ai mis moins de six mois à écrire mon deuxième roman, « le début des haricots », dans le contexte d’un concours. Motivée par la date butoir du prix Nouveau Talent, j’ai cessé de procrastiner et je me suis lancée (après une phase de préparation des personnages et du plan beaucoup plus aboutie, je vous en parlerai une prochaine fois). 
Bilan des courses : j’ai réalisé que c’est en écrivant qu’on devient écrivain, et qu’il n’était pas nécessaire de peaufiner autant mes phrases. D’ailleurs, le résultat final était sensiblement le même, avec un rythme d’écriture beaucoup plus soutenu. Une belle illustration de la loi de Pareto, formule selon laquelle 20 % des causes produisent 80 % des effets (connaissez-vous ce principe ? Je le trouve très relaxant 😎).


Un premier jet n’a pas vocation à être impeccable. Il n’a d’ailleurs même pas vocation à être lu par un autre être humain que vous ! C’est une première mouture que vous pourrez retravailler a posteriori.

En conclusion, si j’ai un conseil à vous donner pour cette rentrée, ce serait celui-ci : mettez de côté votre idéal de perfection, faites-vous confiance et lâchez les chevaux ! 

Mieux vaut un manuscrit un peu brut mais conséquent, qu’un texte au style irréprochable qui n’avance pas et stagne dans votre cerveau.


Je vous souhaite de belles heures d’écriture,

À très bientôt,

Fanny

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