Pourquoi rédiger des fiches personnages ?

Prendre du temps pour concevoir les personnages avant de commencer à écrire un roman peut paraître une entreprise fastidieuse.

Nous autres auteur(e)s connaissons bien, pourtant, leur importance.

Je dis souvent qu’il vaut mieux une intrigue simple avec des personnages complexes que l’inverse. Si nos romans préférés ont autant d’impact sur nous, c’est parce que, beaucoup plus qu’une suite d’événements, ils racontent l’évolution profonde d’un héros ou d’une héroïne, ils mettent en scène des personnages riches et complémentaires, qui s’agencent les uns avec les autres comme les pièces d’un puzzle.

Voilà pour la théorie.

Mais lorsque l’envie d’écrire nous tenaille, que nous avons déjà en tête des pans entiers de notre livre, l’idée de ralentir pour compléter méticuleusement des fiches personnages n’est pas réellement excitante.

Je vous parle en connaissance de cause.

J’avais tendance à éluder ce problème à mes débuts. Je ne me suis pas attardée sur le travail préparatoire de mon premier roman, « la génération spontanée des grumeaux ». Quelques adjectifs sur une feuille, un vague projet de plan et hop, j’étais partie. Je me disais – comme tout bon écrivain jardinier qui se respecte – que mes personnages prendraient consistance au fil du récit, et que tout rentrerait dans l’ordre à la fin du premier jet.

Comment vous dire… tout ne s’est pas vraiment passé comme prévu.

Ce qui devait être un agréable moment de jardinage avait plutôt des allures d’errance dans un potager en fouillis.

Dans ma tête, en matière de dialogue avec moi-même, voilà ce que ça pouvait donner :

« Elle a quel âge, Jessie, déjà ?

C’est bien Benjamin qui a les yeux bleus ? Il faudra que je pense à le décrire physiquement (il faudra d’ailleurs que je relise tout le début du livre pour voir si je l’ai déjà décrit physiquement).

Ah, on ne connaît même pas le prénom du père, j’ai écrit les deux tiers du roman sans lui donner de prénom… tant pis, je vais faire sans. On n’en a pas vraiment besoin.

Ça manque un peu de défauts, de failles, cette famille. Il faudra que je pense à en rajouter lors de la réécriture.

Le frère ne sert pas à grand-chose.

Et David, il est un peu lisse, comme personnage, non ?

C’est vrai qu’un personnage sans prénom a un côté un peu flou, finalement.

J’y vais peut-être un peu fort avec le côté farfelu de la mère psy.

Etc. »

Bref.

J’ai rapidement appris, à mes dépens, que prendre du temps pour réfléchir aux personnages en amont n’est pas du temps perdu.

C’est, au contraire, du temps gagné.

Pour faciliter l’écriture, pour alléger la phase de relecture. Et, par-dessus tout, pour faire en sorte que les personnages se marient bien les uns avec les autres, que la mayonnaise prenne.

Car l’une des erreurs fréquentes des écrivains débutants, c’est celle-ci : concevoir les personnages comme des êtres séparés, les juxtaposer dans le texte, au lieu de penser en termes de réseau, de résonances.

Comme les êtres humains, les personnages de roman, ne sont pas autosuffisants. Ils interagissent les uns avec les autres, et chacun de ces contacts les transforme, génère des échos.

Tout l’art d’un bon romancier, c’est de savoir imaginer, analyser finement ce réseau, afin que les personnages se répondent de façon captivante. Que les problèmes du héros ou de l’héroïne soient judicieusement exacerbés par ses relations. Et que, comme on le dit en sciences, « le tout soit supérieur à la somme des parties ».

C’est pour vous accompagner sur ce chemin que j’ai conçu une nouvelle masterclass d’écriture. Elle s’intitule « personnages haute définition » et est disponible à tarif exceptionnel avec le code LANCEMENT, jusqu’au dimanche 3 octobre 2021 seulement.

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À très bientôt !

Fanny

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