4 punchlines de psy pour vos personnages de roman

Si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez que j’aime bien établir des parallèles entre l’écriture et la psychologie. 😊

Ceci, car j’exerce la psychothérapie en tant que Gestalt-thérapeute (après avoir été médecin). Cette semaine, je vous propose d’explorer quelques punchlines de psy, appliquées aux personnages de votre roman.

Un moyen d’enrichir le profil de ces personnages. Et de réfléchir à leurs réactions. Puisque rien ne les caractérise mieux que leurs actes, notamment en situation de conflit (au sens large du terme).

Voilà donc ces 4 idées :

1. Soyez attentif aux modes de contact de votre personnage principal. En Gestalt-thérapie, on ne travaille pas à partir d’un savoir sur l’autre. Bien sûr, on s’appuie sur un important corpus théorique.

Mais en séance, on est avant tout attentif à la façon dont le patient “prend forme” dans la rencontre. À ses modalités singulières de contact avec le monde. Voilà donc un premier point à définir chez votre protagoniste :

Comment entre-t-il en relation ? Avec les autres, avec son environnement ? Pouquoi ? Quelles blessures ou habitudes psychologiques sous-tendent ses comportements répétitifs ?

2. Les émotions nous informent sur la situation : Dans notre société, il est souvent question de “gestion” ou de “contrôle des émotions”. Sous-entendu : se débarrasser autant que possible des manifestations émotionnelles.

C’est dommage, car cela revient à se priver d’informations précieuses. Les émotions nous renseignent toujours sur ce que nous vivons. Sur nos besoins. Une métaphore que j’aime bien utiliser, c’est celle de la natation.

Une personne débordée par ses émotions aura tendance à demander une bouée de sauvetage. Mais en thérapie, on va plutôt lui proposer d’apprendre à nager. De se familiariser avec l’eau. C’est la même chose pour vos personnages.

Quelles émotions allez-vous leur faire traverser ? En sont-ils conscients ou pas ? Quels rapports entretiennent-ils avec l’expression émotionnelle ? Comment ces rapports vont-ils évoluer au cours du roman ?

Vont-ils apprendre à s’appuyer sur leurs ressentis pour s’orienter ?

3. On ne résout pas tout : Certaines personnes entretiennent la croyance qu’on peut tout résoudre en thérapie. Avec en corollaire l’idée que le thérapeute lui-même a “tout réglé”, qu’il n’a plus aucun problème.

C’est une utopie. En réalité, certaines choses ne peuvent pas être résolues. La vie a une fin. On ne peut pas prévoir ce qui va arriver demain. Les conflits entre êtres humains sont inévitables.

Cela peut nous inciter à être attentifs(ves) au manichéisme dans nos romans. Non, notre protagoniste ne vivra pas dans un monde totalement merveilleux à la fin, sans problèmes, ni désaccord, ni déceptions.

Il aura simplement tiré quelques enseignements de ses expériences. Et engrangé des ressources pour faire avec l’inconnu ou l’insoluble.

4. Un souvenir a un sens, ici et maintenant : En Gestalt-thérapie, lorsqu’un(e) patient(e) nous raconte un rêve, un souvenir, ou n’importe quel petit récit (exemple : “je suis allé(e) à la pizzéria hier”), on se questionne toujours sur le pourquoi de ce choix.

Car des souvenirs, des récits, la personne en a des millions en stock. Mais elle choisit celui-là. Adressé à ce thérapeute. Ici et maintenant. Ça a toujours un sens. Pour vos personnages de roman, c’est la même chose.

Il peut être très intéressant de sélectionner soigneusement les rêves ou les souvenirs que vous allez raconter. Vous questionner sur ce que vous adressez, de la sorte, à votre lectorat.

Quel message, quel sens, quelle symbolique ? Quelle fonction ce souvenir a-t-il pour votre protagoniste ? En quoi cela parle-t-il de sa situation ici et maintenant ? Vous pouvez également ciseler la manière dont votre personnage s’exprime :

S’il raconte un rêve en cuisine avec les mots “cuisson douce, saveurs, délice”, ce n’est pas la même chose qu’avec un vocabulaire comme “trancher, viande, écraser”. L’atmosphère sera différente, et les lecteurs(trices) le percevront, plus ou moins consciemment.

Voilà pour ces quelques idées.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.