Ce qui rend un personnage vraiment attachant

Vous arrive-t-il de vous questionner sur ce qui rend votre personnage principal attachant pour vos lecteurs et lectrices ?

Souvent, nous pensons, de prime abord, aux qualités et dons de notre héros ou de notre héroïne. On aime Harry Potter car il est gentil et généreux, on apprécie Bridget Jones parce qu’elle est sincère, authentique.

Au-delà des qualités : la personne « pleinement fonctionnelle »

C’est une dimension importante mais non suffisante, car il s’agit de définitions statiques, là où la vie est mouvement, évolution permanente. Il y a quelques jours, je feuilletais un livre de mon mari, qui est thérapeute comme moi, mais dans un autre courant de psychothérapie, l’Approche Centrée sur la Personne de Carl Rogers, et je suis tombée sur un passage décrivant « la personne pleinement fonctionnelle ».

Bon, ça paraît un peu grandiloquent dit comme ça 😄, mais il s’agit surtout d’un modèle théorique, élaboré par Rogers dans le cadre de ses observations sur le changement thérapeutique optimal.

Bref, cette personne fonctionnement pleinement : – « serait capable d’éprouver et d’accepter pleinement toutes ses expériences, pensées, sentiments, réactions ». – « serait capable […] de se laisser guider, parmi les nombreuses alternatives, vers le comportement qui assurera la satisfaction la plus complète et la plus authentique de l’ensemble de ses besoins existants un moment déterminé »,

– « se ferait confiance, non parce qu’elle est infaillible, mais parce que, étant pleinement ouverte aux conséquences de chacune de ses décisions, elle est en mesure de corriger celles qui s’avèrent inadéquates »,

– « serait son propre juge »,

– « serait engagée dans le processus par lequel elle est et devient de plus en plus elle-même »,

– « découvrirait ainsi qu’elle a des tendances sociales constructives et réalistes ».

Le parallèle avec vos personnages de roman

J’ai refermé le livre, et je me suis dit qu’il y avait là un parallèle intéressant à faire avec les personnages de roman. Si nous nous attachons à eux, c’est parce que nous les voyons se débattre avec leurs difficultés, avancer à petit pas vers ce soi “plus fonctionnel”, plus épanoui.

Tenter de devenir plus ouvert(e)s aux expériences. Reconnaître leurs besoins profonds. Essuyer des tempêtes similaires à celles que nous traversons dans nos vies. C’est ce qui arrive à Harry, c’est ce qui se produit pour Bridget.

Et c’est valable pour tous les genres, car, quels que soient l’univers et le type de péripéties de votre histoire, il s’y additionne toujours une seconde partition souterraine : celle du voyage intérieur et relationnel, de l’évolution psychologique.

C’est cette partition-là qui fait de vos personnages des êtres profonds et attachants, semblant réellement exister pour vos lecteurs et lectrices, et dont ils/elles garderont longtemps le souvenir.

Alors, saurez-vous identifier ces ressorts au sein de votre roman ? C’est le petit défi que je vous lance aujourd’hui. 😉


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.