5 leçons du Facteur Cheval pour les auteurs

Quand j’étais enfant, j’habitais dans la Drôme, non loin d’un site classé monument historique, “Le palais idéal du Facteur Cheval” à Hauterives. Je l’ai visité plusieurs fois, avec ma famille et avec l’école, et j’en ai gardé un souvenir ébloui.

Pas seulement pour son allure incroyable, chef-d’œuvre d’architecture naïve. Mais aussi pour l’histoire de ce bâtiment, construit à la main par un seul homme.

Revenons à Hauterives : Durant 33 ans, Ferdinand Cheval, facteur rural, a ramassé des pierres une à une au cours de ses tournées et les a assemblées dans son potager pour bâtir un palais.

10.000 journées, 93.000 heures de travail, entre 1879 et 1912. Un caillou après l’autre. Et ce que je trouve également incroyable, c’est le fait qu’il n’a pas démarré à 20 ans mais à 43 ans !

Il s’est lancé seul, poussé par son enthousiasme et inspiré par la nature les cartes postales et les premiers magazines illustrés qu’il distribuait.

Je trouve cette histoire extrêmement inspirante pour les auteur(e)s, parce que l’on peut en tirer cinq leçons :

1. Avoir la vision de ce que vous allez devenir

La première : c’est à vous d’avoir la vision de ce que vous allez devenir. L’acte d’écrire commence par un élan intérieur, intime, dont les autres ne ressentent ni la texture ni la teneur.

On écrit d’ailleurs bien avant de se trouver devant notre feuille ou notre ordinateur. Nous portons en nous une histoire, un roman, comme une enclave qui petit à petit, émerge et se révèle.

Cette enclave, vous êtes le/la seul(e) à la connaître, à la percevoir. Elle est votre référence interne. Elle vous rappelle que vous êtes en mouvement, en chemin (là où vos proches auront peut-être une vision figée de la situation).

2. Un pas après l’autre

La seconde : un pas après l’autre. On surestime souvent ce qu’on peut accomplir à court terme (les fameuses to-do lists à rallonge qu’une seule journée ne parvient pas à éponger !), alors qu’on sous-estime ce qu’on peut bâtir sur le long terme, en procédant par petites actions répétées, patiemment.

3. L’inspiration est partout

La troisième : l’inspiration est tout autour de nous. Le quotidien, nos émotions, nos souvenirs sont des appuis fondamentaux pour un écrivain. Puisez à des sources d’inspiration multiples, partez de ce qui occupe votre champ de conscience, de ce qui vous émeut, vous fait vibrer.

4. Vous avez le bon âge

La quatrième : vous avez le bon âge. Vous n’êtes ni trop jeune ni trop vieux, car il n’y a pas d’âge pour commencer à écrire. Certains auteurs reconnus ont publié leur premier roman sur le tard, et il arrive que des adolescents écrivent des best-sellers.

5. Écrire est un jeu

La cinquième : écrire est un jeu. Il me semble que pour tenir la distance, se connecter régulièrement au plaisir d’écrire est primordial. Bien plus que songer au “produit fini” ou au lectorat.

Votre roman, c’est votre palais idéal à vous. Un œuvre que vous allez bâtir seul(e), une lettre après l’autre. Le lieu au sein duquel vous pouvez laisser libre cours à votre imagination, votre créativité, votre poésie intérieure.

Un petit jardin dans lequel expérimenter, faire des erreurs et recommencer, vous découvrir sur le papier. Un endroit à protéger. Parce qu’il est précieux pour vous.

Pour finir, j’avais envie de vous parler un peu de mon actualité d’auteure : cet été, j’ai eu la chance incroyable d’être l’invitée du podcast d’Anne Ghesquière, Métamorphose (il s’agit du 3ème podcast de France, 2 millions d’écoutes par mois) pour une interview autour de mon nouveau roman, “Psy, jeûne et randonnée”, des relations mère-fille et de la Gestalt-thérapie.

L’épisode est disponible sur toutes les plateformes d’écoute, sur Acast et sur Youtube, si le coeur vous en dit.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.