L’inconvénient de l’écriture, c’est que c’est un processus lent. C’est long d’écrire un roman. Long d’en réécrire des passages entiers. Long de le relire. Les délais de réponse des maisons d’édition se comptent souvent en mois.
Un lectorat ne se constitue pas en quelques jours. Parfois, les ventes mettent du temps à décoller, et c’est décourageant.
Ce sentiment, je l’ai éprouvé à plusieurs reprises. Lorsque j’ai échoué sur le podium du Prix Nouveau Talent, par exemple, après des semaines d’espérance (seul le premier manuscrit était publié par JCLattès). Ou durant les mois de recherche d’un éditeur pour mon troisième roman, « Plus que toute autre chose ».
La motivation s’enracine dans le présent
L’enseignement que j’ai tiré de cette période, est que l’envie d’avancer, le courage, la motivation s’enracinent dans l’instant présent et le plaisir d’écrire. L’un de mes livres préférés dans le domaine du développement personnel est l’ouvrage de Vishen Lakhiani, « Le code d’une vie extraordinaire ». Vishen, qui est le créateur de la plateforme de masterclass Mindvalley spécialisée dans la « transformation humaine », y livre ses principes de bases pour accroître son bonheur et accomplir ses projets. Son point de vue d’ingénieur en informatique est assez inhabituel, mais très optimiste et original.
Il y parle notamment des deux composantes d’un état d’existence qu’il nomme la « réalité flexible » : être heureux(se) au présent, et élaborer une vision d’avenir enthousiasmante. Parmi les pratiques qu’il propose pour être heureux(se) au présent, l’une d’elles est un exercice de gratitude intitulé « l’écart inverse ».
Il s’agit, plutôt que de considérer le présent à l’aune de ce que nous n’avons pas (exemple : « je serai heureux(se) quand je serai publié(e) chez Gallimard »), de regarder en arrière et d’apprécier le chemin parcouru (« je suis passé(e) à l’action, j’ai déjà rédigé un tiers de roman et mon style s’affine »).
L’« écart inverse » : mesurer le chemin parcouru
À la période où je doutais de trouver un éditeur pour « Plus que toute autre chose », ces idées m’ont beaucoup aidée. Je m’asseyais devant mon ordinateur pour écrire mon roman suivant, je savourais le plaisir de la création, la jubilation de l’état de flow. Je voyais que j’avançais, un pas après l’autre, imaginais une vision d’avenir motivante. Je me retournais pour jauger l’écart inverse, mesurais la chance que j’avais d’avoir déjà un livre en librairie, reçu les encouragements d’éditeurs de renom, fait des rencontres incroyables.
Et petit à petit, les blocages se sont dénoués. J’ai écrit des nouvelles, deux romans, vécu de nouvelles expériences, en profitant à chaque seconde du paysage, car comme le dit Vishen, « la route est aussi importante que la destination ».
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.