Ces croyances sur vous-même qui bloquent votre écriture

En gestalt-thérapie (le courant de psychothérapie auquel je suis formée), on appelle « fonction personnalité » la représentation que nous avons de nous-mêmes. Il s’agit de notre façon de nous percevoir.

Notre manière de nous définir, lorsqu’on nous demande de nous présenter. « Je suis timide ». « Je n’aime pas le vent ». « Je suis une personne extravertie ». « J’ai tendance à procrastiner ».

« Je suis nul(le) en français » Cette représentation que nous avons de nous-mêmes se construit et évolue au fil de notre vécu. Il s’agit d’une fonction sociale, de sécurité et conservatrice, qui fait appel à nos certitudes, qui convoque une notion de stabilité, une forme d’identité.

Elle nous sécurise (le connu est rassurant), mais lorsque certaines croyances à notre sujet sont trop figées, elle peut aussi nous paralyser, faire obstacle à notre créativité. Pensez-y.

Si je considère que je suis une personne sérieuse et que je ne dois pas déroger à cette règle, il me sera difficile de jouer (avec mon neveu, mon chien, avec les mots…). Si je me définis comme introverti(e), cette idée peut me couper d’emblée de toute velléité d’exposition (si vous vous reconnaissez ici, vous n’êtes pas seul(e). J’ai mis beaucoup de temps avant d’oser poster une petite vidéo sur Instagram 😉).

Si je pense que je dois tendre vers la perfection en toutes circonstances, que je n’aime pas l’à-peu-près ou les ratés, j’aurai du mal à écrire le premier jet d’un premier roman (qui, le plus souvent, comporte un certain nombre de défauts).

« Donnez-vous la permission d’être un débutant »

Comme le dit Élisabeth Gilbert dans son best-seller, « Libérez votre créativité » : « Donnez-vous la permission d’être un débutant. En acceptant d’être un mauvais artiste, vous avez une chance de devenir un artiste et, peut-être avec du temps, un très bon artiste. Quand je traite ce point en cours, je rencontre immédiatement une hostilité défensive : « Mais savez-vous quel âge j’aurai quand je saurai vraiment jouer du piano/peindre/écrire une pièce de théâtre décente ? » Oui … vous aurez le même âge que si vous ne le faites pas. Donc, commencez. »

Au fil de ma pratique de thérapeute, beaucoup de patients me font part de leurs blocages d’origine scolaire quant à l’écriture. De leur envie de retrouver la joie de s’amuser avec les phrases, de savourer le plaisir d’écrire.

Alors, oublions la perfection et nos souvenirs de profs de français acariâtres au collège, et lâchons les chevaux !


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.