La pratique : pourquoi votre premier roman n’est qu’un début

S’il y a bien une chose dont je prends conscience alors que j’écris mon sixième roman, c’est celle-ci : l’importance de la pratique quand on est auteur(e) (et de son corollaire, la régularité).

J’ai déjà eu l’occasion de vous en parler : à mes débuts, j’imaginais que le nombre d’idées dont je disposais, que le nombre de phrases “satisfaisantes” que j’étais capable d’écrire étaient limités

Je ne me laissais pas aller à écrire en quantité tant j’étais paralysée par la notion de qualité. À l’époque, je n’avais jamais vraiment lu de conseils d’écriture, je n’avais pas conscience de la puissance de l’expérience, ne connaissais pas le principe du premier jet (ça me semble étrange à dire aujourd’hui 😅).

Le mythe du talent inné

Avec le temps, je me suis rendu compte de mes erreurs. Une partie de moi cultivait, et je sais que c’est une croyance répandue, l’imaginaire de l’écrivain porteur d’un talent inné, capable d’emblée de rédiger un manuscrit captivant (voire parfait, tant que nous y sommes).

Une sorte de loi du tout ou rien appliquée à l’écriture. Je négligeais le rôle prépondérant de l’expérience, de l’apprentissage. C’est en écrivant qu’on se confronte aux problèmes, aux intrigues bancales, aux longueurs, qu’on réfléchit aux ficelles du suspense, à l’équilibre, à la façon de rendre des personnages réalistes, attachants, à l’émergence des émotions…

Et par ricochet, notre manière de lire évolue, on devient un lecteur ou une lectrice attentif.ve au fond comme à la forme : qu’est-ce qui fait que ce récit me captive, à quel moment ce personnage fait-il son entrée, quelles sont les intrigues secondaires, pourquoi suis-je subjuguée ici par le talent de l’auteur(e), comment s’y prend-il/elle pour me surprendre, pourquoi ai-je tant envie de tourner les pages ?

La pratique, ligne après ligne

Le temps et la pratique font de nous des meilleurs écrivains, ligne après ligne. Votre premier roman n’est pas une fin en soi, mais le début d’un long parcours. Pratiquez, identifiez vos atouts et vos faiblesses, instaurez une routine d’écriture, effectuez des exercices d’écriture créative, participez à des concours de nouvelles…

C’est ainsi qu’on s’améliore.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.