Pourquoi une structure vaut mieux que la motivation

Aujourd’hui, je vais vous parler d’écriture et de trottinette. 😉

En commençant par une petite histoire : Je vis dans une commune de 6000 habitants. Le conseil municipal a à cœur de dynamiser la vie locale. Il souhaite encourager les liens sociaux et la pratique sportive de chacun.

Pour ce faire, les élus auraient pu lancer des campagnes de sensibilisation. Diffuser des messages dans le bulletin de la mairie. Avec des slogans comme : “Nouez des liens avec vos voisins”.

“Le sport, c’est bon pour la jeunesse”. En comptant sur la motivation des gens pour passer à l’action. Mais ils n’ont rien fait de tout ça. Ils ont choisi une autre solution : faire construire, il y a 3 ans, une immense aire de loisirs, juste derrière le collège.

Dotée d’un skatepark géant, d’un terrain de basket et foot cerné de hauts filets. D’un parcours de santé pour les adultes. D’une tyrolienne, d’un énorme toboggan tubulaire. D’une grande pelouse sillonnée de petites allées en béton.

Et de deux aires de jeux pour les enfants. Résultat : tout le village s’y retrouve. Les collégien(ne)s s’y précipitent dès la fin des cours avec leurs rollers et leurs trottinettes. Les petits y croisent leurs amis, les adultes y rencontrent leurs voisins.

L’atmosphère bucolique donne un charme incroyable à ce lieu.

La leçon : le pouvoir des structures

La leçon de cette histoire c’est celle-ci : Dans la vie, le pouvoir des structures est puissant. Lorsqu’on désire encourager les gens à faire quelque chose, il est beaucoup plus efficace de leur donner un système, une structure qui minimise les efforts à fournir, plutôt que compter sur leur motivation.

L’aire de jeux et le skatepark suppriment les “frictions”, facilitent le passage à l’action. Les enfants le réclament, les parents ont juste à enfiler leurs baskets et à sortir.

Une charpente plutôt que la motivation

En matière de structure, l’écriture ne fait pas exception à la règle. Décider d’écrire un roman, c’est comme prendre la résolution de faire de la trottinette (non électrique, hein ! 😉) tous les jours.

Si vous comptez uniquement sur la motivation, cette humeur dépendante de vos états émotionnels, physiques, psychologiques, vous courrez le risque de sombrer dans la procrastination à la moindre bourrasque.

Par contre, si vous mettez en place une charpente fixe dans votre quotidien, qui facilite le processus et génère des habitudes, vous faites croître grandement vos chances de réussite.

Je ne procède pas autrement. Dans la vie, je suis très souvent débordée. Je suis maman d’une famille nombreuse. J’ai longtemps exercé la médecine, j’ai maintenant un cabinet de psychothérapie dont le planning est complet, en sus de mon activité de coach littéraire.

Et pourtant, j’ai réussi à écrire un roman tous les 18 mois depuis dix ans (ainsi que 4 longues nouvelles). Ce n’est pas magique. J’ai simplement mis en place une structure, composée, entre autres choses :

  • de créneaux fixes consacrés à l’écriture (en ce moment, j’écris tous les soirs de 21h à 23h),
  • d’une feuille de route avec des dates butoirs,
  • de règles auxquelles je m’astreins pour écrire mon premier jet (par exemple, écrire sans me relire),
  • d’un plan de roman précis et d’arcs de personnages détaillés qui m’épargnent le syndrome de la page blanche,
  • d’un système de prise de notes élaboré.

Les jours où je suis moins motivée, la structure est là. Elle me remet sur les rails. Et me mène en quelques mois à mon point d’arrivée.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.