En ce jeudi soir, j’ai envie de vous prodiguer un peu de soutien. De vous motiver. Et pour cela, j’aimerais partager avec vous 5 vérités essentielles et réconfortantes au sujet de la vie d’auteur(e).
Nous allons parler de prix Goncourt, de caprice et de gratitude.
Vérité 1 : votre roman ne plaira pas à tout le monde et c’est parfait ainsi. Je vous le dis tout de suite : après la publication de votre roman en édition ou en auto-édition, vous essuierez des critiques négatives.
Sur Amazon, notamment. Ce n’est pas grave, c’est même tout à fait normal. Bien sûr, c’est toujours dur à vivre. Mais ces critiques ne doivent pas vous empêcher d’être original(e), affirmé(e) dans vos choix littéraires.
Vous souhaitez écrire une dystopie sur la crise climatique ? C’est ok. Vous écrivez des romances homosexuelles ? Parfait. Votre passion à vous, c’est la fantasy, alors que seuls les textes de littérature blanche trouvent grâce aux yeux de votre conjoint(e) ?
Suivez votre voie. Dites-vous bien qu’il y aura toujours des personnes auxquelles cela ne plaira pas, et qui descendront votre livre en flèche. La pire erreur à faire, c’est vous réfréner pour rester consensuel(e).
Car s’il y a bien une chose que les lectrices et les lecteurs recherchent quand ils ouvrent un livre, c’est un univers singulier, des thèmes forts, un style personnel. Bref, la patte d’un(e) auteur(e).
En résumé : vous perdrez quelques lecteurs(trices) en route, mais vous gagnerez des fans.
Vérité 2. Votre roman, c’est du sérieux. Voilà un point sensible. Le syndrome de l’imposteur est un sujet récurrent chez les écrivains, même lorsqu’ils sont expérimentés. Votre entourage n’est peut-être pas soutenant, vous n’osez peut-être pas dire que vous écrivez.
Votre projet est primordial pour vous, mais le regard des autres peut saper l’énergie, l’attention que vous souhaiteriez y consacrer. Et vous empêcher de rester régulier(e). Si tel est le cas, j’aimerais vous encourager à faire vôtre cette citation de la scénariste Claire Barré :
« Ces rendez-vous avec moi-même, avec ma chose à dire […] c’était comme affirmer que ce que j’avais à dire était important à mes yeux. Que ça comptait. Que c’était tout sauf un petit caprice. Que j’avais le droit, et même le devoir, de lui accorder du temps, même si personne ne me payait pour le faire. »
Vérité 3. Remporter le prix Goncourt, ce n’est pas la norme. En France, on a souvent ce fantasme de l’écrivain qui réussit du jour au lendemain. Qui écrit d’une traite un premier roman parfait, trouve un éditeur en quelques jours, vend 500.000 exemplaires de son livre et remporte le prix Renaudeau.
Les médias font leurs choux gras des histoires d’Aurélie Valognes ou d’Agnès Martin Lugand. Mais la vérité, c’est que ce sont des cas de figure exceptionnels. La majorité des auteur(e)s à succès ont connu des parcours lents, parfois chaotiques.
Pensez à Marie Vareille, à Pierre Lemaître, à Bernard Werber. Leur point commun, c’est la persévérance. En matière d’écriture, le temps, le travail sont vos alliés. Mon éditrice, chez Albin Michel, m’a d’ailleurs dit un jour qu’elle était pleinement confiante dans le fait qu’un auteur(e) doté(e) de talent finissait toujours par émerger.
Vérité 4. C’est leeeeennnt, et c’est normal ! L’inconvénient de l’écriture, c’est que c’est un processus lent. C’est long d’écrire un roman, puis un deuxième, puis un troisième. Long de réécrire des passages entiers.
Long de relire un texte. Les délais de réponse des maisons d’édition se comptent souvent en mois. Un lectorat ne se constitue pas en quelques jours. Parfois, les ventes mettent du temps à décoller, et c’est désespérant.
L’antidote au découragement, selon moi, c’est le retour au plaisir d’écrire. L’enracinement dans l’instant présent. Vous, ici et maintenant, avec ce que vous avez à cœur de dire, avec cette histoire que vous avez besoin de raconter, et la joie que cela vous procure.
Le chemin est aussi (voire beaucoup plus) important que la destination.
Vérité 5. Si c’est difficile, regardez en arrière. Il existe, en développement personnel, un exercice de gratitude intitulé « l’écart inverse ». Je l’ai découvert dans un livre de Vishen Lakhiani.
Il s’agit, plutôt que de considérer le présent à l’aune de ce que nous n’avons pas, de regarder en arrière et d’apprécier le chemin parcouru. Exemple : Plutôt que vous dire : « je serai heureux quand je serai publié chez Gallimard » ou bien “quand je vois la réussite de cette auteure, je me sens vraiment nulle”.
Penser : « je suis passé(e) à l’action, j’ai déjà rédigé un tiers de roman et mon style s’affine ».
Voilà pour ces vérités bienfaisantes !
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.