Créez votre méthode d’écriture sur mesure

Tous les matins, je me lève à cinq heures. Je me prépare un smoothie banane-kiwi et je consulte attentivement le plan de mon roman. J’effectue ensuite un exercice de méditation-centration pour faciliter ma concentration.

Puis j’écris 5000 caractères, sans me relire et sans m’écarter de ma feuille de route. Avant d’élaguer le tout pour ne garder que ce qui fait sens, comme le préconise Amélie Nothomb. Et d’éliminer tous les adverbes à la manière de Stephen King.

Non, je blague. En réalité, je serais tout à fait incapable de me lever si tôt. La fameuse méthode du miracle morning, très peu pour moi. Ma technique de travail est en perpétuelle évolution.

J’adore préparer en amont un plan très détaillé, mais il m’arrive de bifurquer en cours de route et de réajuster l’intrigue, autant que nécessaire. Parfois, j’écris tous les jours, et parfois, ce n’est tout bonnement pas possible.

Je ne suis pas la reine de l’élagage. Par contre, je suis la reine des adverbes. Et cette “petite cuisine” personnelle me convient très bien.

J’ai mis un peu de temps à me tranquilliser sur tous ces sujets. Et je vais vous expliquer de quelle manière je raisonne aujourd’hui.

Ne calquez pas la méthode des autres

Car quand on est auteur(e), on est parfois tenté d’adopter les méthodes d’un(e) autre. On se dit qu’il faut absolument écrire chaque jour. On se sent coupable de ne pas avancer suffisamment vite.

On suit scrupuleusement toutes sortes de consignes : “simplifiez vos dialogues”, “utilisez systématiquement le show don’t tell”, “bannissez les adverbes”, etc. Et l’on se perd en chemin.

Pourquoi ? Parce que ce qui convient à d’autres n’est pas forcément ce qui vous conviendra à vous. Parce qu’en matière d’écriture, de créativité, il n’y a pas de règles. Il existe des outils, certes, et ils sont souvent passionnants à découvrir, mais je suis convaincue qu’il est primordial de faire le tri.

Voilà donc ce que j’aurais envie de vous demander : De quoi avez-vous besoin, vous ? Qu’est-ce qui vous met en joie ? Qu’est-ce qui vous parle, vous convient ? Vous êtes-vous donné, peut-être inconsciemment, des contraintes qui ne vous rendent pas service ?

Cette attention à la singularité de chacun, c’est ce qui fait que je conseille toujours au début de mes masterclass de ne pas tout prendre au pied de la lettre. J’essaye régulièrement d’ouvrir des pistes de réflexion plutôt que des questions fermées.

Comme je l’ai fait avec mes derniers emails privés en matière de psychologie des personnages.

Certains conseils géniaux pour un(e) auteur(e) seront paralysants pour un(e) autre. Être jardinier plutôt qu’architecte ne vous ôtera pas la capacité d’écrire des romans captivants. Certains dialogues complexes dans un récit sont tout à fait réjouissants.

D’ailleurs, lorsque j’échange avec d’autres écrivains, je suis souvent surprise par la diversité de nos pratiques. Encore récemment, par exemple, en parlant avec l’autrice Solène Bakowski lors d’un salon du Livre : nous avons constaté à quel point nous travaillons différemment.

Je planifie énormément mes livres, tandis qu’elle ne peut pas écrire sans ressentir le vertige de l’inconnu. Ce sont deux méthodes tout aussi valables l’une que l’autre. Et tenter d’adopter des routines ou des techniques qui ne correspondent pas à ce que que vous voulez vivre est le meilleur moyen de vous décourager.

Faites le tri, créez vos règles

Voilà donc mon conseil du jour : faites le tri. Cherchez ce qui vous convient et prélevez-le. Concevez la méthode sur-mesure qui vous va parfaitement. Et oubliez le reste sans culpabiliser.

Vous le verrez au fil du temps : en matière d’écriture, il n’y a rien de plus délicieux que créer ses propres règles.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.