3 erreurs fréquentes que je vois chez les auteurs

Je vous en ai parlé hier : le fait qu’un roman devienne un best-seller n’est pas prédictible. Les éditeurs sont les premiers à le dire. Mais il est tout de même possible de mettre plus de chances de votre côté.

En construisant une intrigue cohérente et équilibrée. En évitant certains écueils classiques en dramaturgie. Aujourd’hui, je vais vous parler de 3 erreurs que je constate fréquemment chez les auteur(e)s que je coache en accompagnement individuel.

Erreur 1 : la préparation paiement

Il y a quelques jours encore, alors que j’étais en visio avec une autrice pour un accompagnement individuel, je lui ai fait remarquer qu’un événement de son roman advenait comme un cheveu sur la soupe.

Il ne semblait pas du tout crédible. Et cette absence de plausibilité sabotait immédiatement la fluidité de la lecture. Il manquait ce que l’on appelle en narratologie la “préparation-paiement”.

La préparation consiste à semer des indices, des explications, des justifications en amont afin que l’événement fasse sens et s’insère harmonieusement dans le récit. La préparation, c’est aussi une promesse.

En distillant des informations préalables, vous insinuez dans l’esprit de votre lectorat l’idée que “quelque chose” va se produire. Ce “quelque chose”, c’est le paiement. Il n’est pas nécessairement attendu.

C’est souvent une surprise. Mais une surprise pourvue de fondements solides, qui ne tombe pas du ciel.

Confondre “blessure psychologique” et “trajectoire psychologique”.

Lorsqu’ils construisent leur personnage principal, certains écrivains le dotent d’un passé, de blessures psychiques, d’un traumatisme, d’un vécu antérieur difficile, mais ils sous-exploitent ensuite cette ligne narrative.

Ils ont la blessure, certes. Mais une blessure seule ne constitue pas une trajectoire. Le lectorat est toujours très curieux d’avoir accès aux aspects dynamiques de la psychologie du personnage.

Il veut savoir comment ce dernier va surmonter ses problèmes psychiques. Il veut voir la transformation à l’oeuvre. Pour bâtir une vraie trajectoire, vous pouvez partir de la blessure et vous demander :

En quoi cela pose-t-il problème à votre personnage aujourd’hui ? Quelles sont les conséquences concrètes de ce trauma dans sa vie ? Quels sont les effets secondaires négatifs du « refoulement » de sa blessure ?

Qu’aurait-il besoin de changer ? De quoi a-t-il peur ? Tout cela nous donne un enjeu et un objectif. À partir de laquelle vous pourrez tracer une trajectoire d’évolution psychique, qui tiendra le lectorat en haleine.

Le syndrome du bisounours

Un troisième travers fréquent, c’est ce que j’appelle le “syndrome du bisounours”. J’en étais moi-même sérieusement atteinte à mes débuts. 😉

Ce syndrome se manifeste par une frilosité lors de l’élaboration des conflits narratifs, des moments durs pour le protagoniste. Il est lié à la difficulté qu’ont beaucoup d’auteur(e)s à malmener leur personnage.

Vous êtes gentil(le), empathique. Vous vous vous dites “oh non, quand même pas”, ” ce serait y aller trop fort”. C’est en général le signe qu’il faut y aller 😉. Le syndrome du bisounours est souvent inconscient.

Sans vous en rendre compte, vous ménagez trop vos personnages. Vous n’intensifiez pas assez leurs problématiques. Vous ne les laissez pas suffisamment mariner dans les obstacles ou les états émotionnels douloureux.

Et cela ramollit le roman. Il ne s’agit pas non plus d’être cruel de manière gratuite. L’idée maîtresse reste bien de servir l’intrigue et l’arc de votre personnage. En vous souvenant de cet axiome essentiel : la meilleure façon de transmettre à votre lectorat tout l’intérêt et m’enthousiasme que vous éprouvez vis-à-vis de votre protagoniste, c’est de ne pas le ménager.

Voilà pour ces trois points.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.