“Retrouvez-moi à l’espace culturel Leclerc de Chaumont-sur-Loire”. “Voici mes prochaines dates de dédicaces”. Ces titres de posts Instagram vous donnent-ils une envie irrépressible de lire la suite ?
Non, pas vraiment. Ils suscitent autant de désir qu’une fondue savoyarde un jour de canicule. Pourtant, une majorité d’auteur(e)s communique sur Instagram ou Facebook de cette manière. Le problème ne vient pas de ce qu’ils/elles partagent.
Il ne vient pas du fond. Mais de la forme.
Revenons à nos moutons. Depuis le développement des médias au XXème siècle, et plus encore avec les réseaux sociaux, nous sommes entrés dans une nouvelle ère. L’économie de l’attention.
La taille de votre lectorat est corrélée au nombre de personnes que vous arrivez à diriger vers votre contenu. Cela peut paraître un peu rude dit ainsi. Donner l’impression d’une guerre pour tirer la couverture à soi.
Pour se mettre en avant. Mais je suis convaincue au contraire que cela peut se faire d’une manière ludique. Même si vous êtes introverti(e). En cultivant l’enthousiasme et la joie du partage.
Et en pensant aux futur(e)s lectrices et lecteurs sensibles à votre univers et votre style.
L’accroche narrative
Une chose essentielle à garder en tête, c’est la notion d’accroche narrative. Pour capter l’attention des personnes qui ne vous connaissent pas encore. Leur donner envie de lire la suite.
La première accroche, c’est le titre de votre post. L’idée maîtresse est de susciter un questionnement, une curiosité. Cela peut se faire de mille manières. En donnant une information partielle, en rédigeant une phrase percutante, en associant deux mots contradictoires, en utilisant un terme spécifique ou à connotation particulière, en posant une question, etc.
Vous avez peut-être remarqué que je manie ce procédé dans mes emails. “Vous avez un nouveau lecteur” “Je me lève à 5 heures du matin tous les jours” “3 vérités réjouissantes du samedi matin”
“L’écriture, c’est comme la trottinette” Des phrases qui surprennent (“ah bon, j’ai un nouveau lecteur ?”), qui font surgir des questions (“pourquoi ?”, “comment ?”, “de quoi s’agit-il ?”).
Un autre exemple, en associant deux mots a priori contradictoires, pourrait être “La magie de la flemme”. Bien sûr, ici, je m’adresse à des auteur(e)s et non à des lectrices et lecteurs.
Mais une fois que vous avez cerné les sujets que vous souhaitez aborder sur votre compte Instagram, en lien avec les thèmes de vos livres et votre univers, vous pouvez extrapoler cette façon de procéder à votre contenu.
En suscitant la curiosité. “L’espace culturel Leclerc de Chaumont-sur-Loire a un petit truc en plus”. “J’adore les dédicaces, mais…” Ou encore en vous adressant directement à votre lectorat.
Par exemple : “Savez-vous que… ?” “Comment savoir si vous… ?”, “3 manières de…”, “Il est temps de…”, etc.
Le post : racontez une histoire
La deuxième étape, c’est le post en lui-même. “L’emballage” de l’information que vous souhaitez faire passer est primordial. Pour impliquer votre futur lectorat. Le surprendre, le faire réfléchir ou lui faire éprouver une émotion.
La manière la plus simple de procéder consiste à raconter une petite histoire. Ce que les anglophones appellent le storytelling.
Dans son livre “La boite à outils pour prendre la parole en public”, Annie Leibovitz propose un plan en 5 étapes pour utiliser l’accroche narrative : 1. D’abord, entrer dans le vif du sujet, en posant une date et un lieu et en interpellant par un fait précis.
2. Ensuite, dérouler un récit au présent. 3. Créer du suspense : donner plusieurs détails, rédiger des phrases courtes, toucher au moins 3 des 5 sens, utiliser l’humour, citer des prénoms, des noms, écrire un dialogue. J’y ajouterais : parler de vos émotions soit en les nommant soit en décrivant vos ressentis.
4. Élever le débat en faisant part d’un enseignement tiré de votre récit, et des apports de cet enseignement (les bienfaits pour vous ; les bienfaits pour le public). 5. Inciter à l’action avec une phrase ping-pong (exemple : « Si vous faites ceci… voilà les bénéfices que vous en retirerez»).
C’est un exemple, qui peut se décliner de nombreuses façons différentes, par exemple : évoquer les difficultés de votre audience, faire imaginer une situation (exercice de visualisation), raconter une actualité, etc.
Vous voyez l’idée. Et je suis certaine que vous avez la possibilité d’être très inventif(ve). Hyper créatif(ve) en la matière. Puisque vous êtes auteur(e). 😊
Alors faites-vous plaisir. Plutôt que délivrer une information, utilisez l’émotion et le storytelling. Soyez vous-même. Partagez ce que vous êtes, ce que vous aimez avec votre futur lectorat.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.