L’écriture, c’est comme la cuisine. Elle nécessite du savoir-faire. Des ingrédients, des recettes, une bonne dose de créativité.
Il ne viendrait à l’idée de personne que l’on peut devenir Alain Ducasse ex nihilo. Sans avoir appris les règles de la cuisine. Sans avoir acquis de l’expérience
Juste en se lançant avec un paquet de farine, un citron, une boîte d’œufs et une recette au pif dans sa cuisine Schmidt.
Pourtant, en matière d’écriture, le fantasme est tenace. Nous avons tou(te)s en tête ce cliché de l’écrivain (torturé, de préférence) qui se découvre subitement une vocation, écrit un premier roman d’une seule traite, se voit publié dans une grande maison d’édition, vend 300.000 exemplaires et remporte le Prix Goncourt.
Le miracle du génie. Le talent à l’état pur. Il s’agit bel et bien d’un fantasme. D’un cas très exceptionnel.
14 ans en moyenne avant le succès
La vérité, c’est qu’en France, il s’écoule en moyenne 14 ans entre la publication du premier roman d’un(e) auteur(e) et la parution de son livre à succès. Parce que la qualité nécessite un temps de maturation, de l’expérience, des phases d’essais-erreurs.
La majorité des auteur(e)s à succès ont connu des parcours lents, parfois chaotiques. Ils ont mis du temps à acquérir de la bouteille. À perfectionner leur manière de raconter des histoires.
Ils ont énormément lu, cogité, décortiqué la structure des romans qu’ils aimaient. Ils ont parcouru La poétique d’Aristote ou La dramaturgie d’Yves Lavandier. Ils ont peaufiné leur premier roman pendant des années.
Ils ont parfois écrit un premier livre plutôt mauvais, et se sont bonifiés par la suite.
Victor Hugo a mis dix ans pour écrire « Les Misérables », JK Rowling 6 ans pour le premier tome de Harry Potter, Bernard Werber a réécrit 17 fois son best-seller « Les fourmis », Marie Vareille a mis des années pour enfin vivre de sa plume, Bernard Minier s’est considérablement documenté pour devenir un as de la dramaturgie.
Comme Alain Ducasse, ils se sont exercés. Ils ont remis leur ouvrage sur le métier. Ils ont fait croître leur talent. Ils ont appris à maîtriser les règles… pour pouvoir ensuite les remanier, si nécessaire.
Deux bonnes nouvelles
La première bonne nouvelle dans l’histoire, c’est que le talent pur est un mythe. Tout le monde peut progresser, écrire un bon roman, avec beaucoup de travail et de persévérance. Et la seconde bonne nouvelle, c’est que le processus peut être accéléré.
Si le délai de 14 ans vous paraît long, vous pouvez prendre des raccourcis.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.