Trouver de bonnes idées de roman (et le « high concept »)

« Comment avoir suffisamment d’idées ? » « Je n’ai pas d’imagination. » « Comment savoir qu’une idée est la bonne ? » Lorsque je discute avec des écrivains qui se lancent, ce sont des questions qui reviennent souvent.

Parfois, ces derniers ont rédigé un début de manuscrit. Ils ont eu une fulgurance, se sont précipités sur leur ordinateur pour écrire un premier chapitre. Avant de réaliser que leur idée n’était pas suffisamment consistante pour mener une histoire sur 350 pages.

Qu’ils manquaient de matière pour imaginer des rebondissements.

J’ai écrit mon premier roman il y a treize ans. « La génération spontanée des grumeaux ». Par moments, à cette époque, j’hésitais à mettre certaines idées dans mon texte. Je me disais « Ah non, celle-ci, je la garde pour un prochain livre ».

J’avais peur de gaspiller certaines bonnes idées dans des intrigues secondaires. Je craignais d’épuiser ma réserve d’idées trop vite. De devoir arrêter l’écriture faute de matière première.

Et je me fourvoyais.

L’imagination est un muscle

L’imagination n’est pas une réserve, c’est un muscle. Plus vous l’exercez, plus les idées vous viennent. Plus vous vous entraînez à sonder au-delà des premières pensées, plus votre imaginaire enfle.

D’ailleurs, une même piste peut se décliner de mille manières différentes. Je parle de psychothérapeutes dans chacun de mes romans. Loin d’être un thème redondant ou qui s’épuise, c’est devenu ma marque de fabrique.

Une chose primordiale à garder en tête, c’est le fait que la première idée qui nous vient est rarement la bonne. C’est souvent celle qui vient aussi en premier à l’esprit de votre lectorat.

Or ce dernier adore être surpris, déstabilisé. Une bonne idée demande une phase de maturation. Elle arrive après réflexion, raffinage. Par élimination des évidences, de la facilité.

L’arborescence : assembler des idées

La deuxième chose importante, selon moi, c’est la notion d’arborescence. Qui consiste à associer entre elles deux idées, parfois éloignées l’une de l’autre. Une bonne idée de roman est souvent composée de plusieurs idées assemblées.

Vous pouvez d’ailleurs jouer à observer, décomposer les prémisses de romans que vous aimez. Vous constaterez en général que l’auteur(e) a greffé une ou plusieurs idées sur un concept de départ parfois banal.

« Nymphéas noirs » de Michel Bussi, relate un meurtre inexpliqué. Rien de très original là-dedans. Mas l’écrivain y a ajouté une histoire de trafic d’art, une plongée dans le village de Claude Monet et un twist magistral.

Le résultat est captivant.

Le « high concept » et ses 3 critères

Les scénaristes américains ont un terme pour désigner une excellente idée de film. Le « high concept ». C’est ce qui pousse un producteur à lire un scénario, qui donne envie au spectateur d’aller voir un long-métrage.

L’équivalent d’une quatrième de couverture ou d’un pitch de roman excitant.

La recette des high concepts tient en trois critères : Tout d’abord, l’originalité : la fraîcheur de l’idée, un domaine inexploré, intrigant. Ensuite la familiarité des émotions sous-jacentes.

Et pour finir une promesse de conflit narratif. Prenez « Le silence des agneaux » par exemple : une jeune stagiaire brillante du FBI s’associe à un psychopathe en prison pour pister un tueur en série.

L’idée est originale ((il s’agit d’ailleurs d’une combinaison de plusieurs idées). Les sentiments qui se dessinent nous sont familiers : la peur, la terreur, l’anticipation, l’excitation du jeu de pistes, etc.

Et cette prémisse nous promet des conflits narratifs en abondance. Les 3 critères d’un high concept sont bien réunis.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.