« Je suis en crise » : l’ajustement créateur en écriture

“Le monde est en crise

Je suis du monde

Je suis donc en crise, moi aussi

Et j’espère que, tous ici, nous sommes tous en crise

Parce que nous sommes DU monde

Et non pas DANS le monde.”

J’aime bien ces phrases du psychothérapeute Jean-Marie Robine, en introduction à l’un de ses articles cliniques. Peut-être vous parlent-elles à vous aussi ? D’une manière singulière, nécessairement.

Chacun(e) d’entre nous importe ses propres nuances de signification, des adjectifs qualificatifs, ses propres images sur le mot “crise”. Chacun(e) d’entre nous se sent “du monde” à sa façon.

Je trouve, pour ma part, ce paragraphe stimulant. Alors même que le terme “crise” pourrait légitimement susciter des ressentis inconfortables. Mais j’entends et je saisis plutôt ce texte comme une invitation.

À nous mettre en mouvement, à agir, à poser nos valeurs et notre identité sur la table. Dans la vie comme en littérature. Ce pourrait être un petit mantra pour écrivain.

Je me souviens avoir entendu l’écrivain Bruno Tessarech dire quelque chose comme : Si l’on pense que l’existence, c’est se lever, aller faire des courses, travailler, puis se coucher, alors on n’écrit pas.

Qu’en dites-vous ? Moi, je suis convaincue que si vous avez l’envie d’écrire un roman, c’est que vous avez une âme de chercheur(se). La face cachée des histoires vous intéresse. Vous aimez les récits, l’inattendu, les grands huit émotionnels.

Vous avez le désir de vous relier à votre lectorat. De dire quelque chose de votre expérience, plus ou moins directement, par le biais de la fiction. Et d’être lu(e).

L’ajustement créateur

En psychothérapie, lorsqu’on parle de crise, on en vient à la nécessité d’un “ajustement créateur”. C’est-à-dire une manière neuve, originale, de s’ajuster face aux situations. Sur le fond comme sur la forme.

En sortant de nos schémas habituels, de nos routines, de ce qui ne fonctionne plus. Transposée à l’écriture d’un livre, cette idée nous incite à la créativité. À l’innovation.

Le levier le plus puissant que j’aie trouvé en la matière, ces dernières années, c’est l’utilisation des codes du thriller pour écrire un roman dans un autre genre littéraire. Parce que les auteurs de thriller sont brillants et habiles.

Ils bousculent nos préjugés. Ils nous suggèrent, par exemple, de concevoir notre personnage antagoniste avant même de penser au protagoniste. D’user du mystère avec intelligence et parcimonie.

De réfléchir à tout ce que nous amenons, et au contrat que nous passons avec notre lectorat. D’être attentive ou attentif à ce que l’on appelle “la backstory”, la face cachée de l’histoire.

De construire le récit comme un puzzle et l’intrigue comme une partie d’échecs.

Votre message, votre manière d’être « du monde »

Je vous parlais, jeudi, du message que vous avez envie de diffuser via votre roman. Le terme “message” étant à entendre au sens large, que ce soit une leçon de vie, une forme de témoignage, l’élan de faire vivre un voyage imaginaire ou une expérience émotionnelle particulière à votre lectorat, etc.

Bref, ce qui vous pousse à écrire. Ce message, c’est votre manière à vous d’être “du monde”, pour reprendre les mots de JM Robine. Et la façon dont vous le racontez a de l’importance. Si vous souhaitez être lu(e) et marquer les esprits.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.