7 idées pour secouer vos lecteurs

Depuis que vous écrivez, avez-vous constaté des changements dans votre façon de lire ?

Les auteur(e)s ont souvent la particularité de décortiquer leurs lectures, traquant les éléments perturbateurs, les étapes de la narration, les divers nœuds de l’intrigue.

Depuis mon premier roman, j’ai pris ce pli, à tel point que cela devient parfois presque inconscient, et l’émerveillement d’observer les rouages sous-jacents vient démultiplier le plaisir de la lecture.

À la lumière de mes réflexions, j’aimerais vous proposer aujourd’hui quelques idées pour secouer vos lecteurs.trices. C’est le moment de laisser libre cours à vos instincts sadiques 😅, pour une bonne cause, leur faire vivre le grand huit émotionnel.

Sept leviers pour secouer le lecteur

Utiliser l’injustice : mettez en scène une profonde injustice, et ne permettez pas, en tout cas à court terme, la réparation du préjudice. On pourrait par exemple imaginer un héros rudoyé par un membre de sa famille, sans possibilité de riposter ou de se protéger. Vous pouvez aussi laisser espérer un renversement de situation, et faire échouer cette tentative en amenant le personnage antagoniste à triompher une nouvelle fois (même si c’est temporaire).

Utiliser l’inconfort, la non-résolution : si, en fin de roman, tout doit être résolu, c’est différent en cours de route. Laisser des événements inconfortables en suspends donnera à votre lectorat l’envie (parfois irrépressible) de tourner les pages pour connaître la suite.

En pratique, il s’agit d’initier des péripéties puis de frustrer les attentes légitimes des lecteurs.trices, afin de garder les boucles ouvertes. On peut par exemple imaginer la mort d’un parent au moment où son enfant s’apprêtait à lui confier quelque chose, un deuil (réel ou symbolique) impossible à faire, etc.

Ne donner aucune explication : en donnant aux lecteurs.trices le sentiment qu’il leur manque des éléments pour comprendre un acte ou un comportement (inhabituel ou incohérent en apparence), vous aiguillonnerez leur curiosité.

Faire commettre une faute, une erreur à votre héros ou héroïne : ce sera encore plus intense si cela survient de façon brutale, que l’on ne s’y attend pas, et que le personnage principal a agi sciemment. La culpabilité ainsi générée sera aussi intéressante à exploiter.

Utiliser le rejet : le besoin d’appartenance est un moteur puissant, et votre lecteur.trice aura beaucoup d’empathie pour un protagoniste rejeté ou trahi par un ami, sa famille, son clan, etc.

Élaborer un twist : révéler un secret, prendre le contrepied de ce que votre lectorat attend (en ayant pris soin de semer des indices en amont). J’aime beaucoup les livres de Marie Vareille, auteure qui excelle dans la construction de tels moments. Je vous conseille au passage son dernier roman « ainsi gèlent les bulles de savon », un petit bijou d’émotion, tout en dentelle narrative.

Rajouter des problèmes : au coeur de la tempête, demandez-vous s’il y a moyen de faire un pas supplémentaire pour enfoncer encore un peu plus votre héros/héroïne dans ses difficultés.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.