De quoi avez-vous besoin pour être bon(ne) ?
Zig Ziglar disait : Tu n’as pas besoin d’être bon pour commencer, mais tu as besoin de commencer pour être bon, et je mesure aujourd’hui combien cette citation est pertinente dans le domaine de l’écriture.
Quand j’ai commencé à écrire, je n’avais pas conscience de la valeur de l’expérience. C’est en pratiquant qu’on apprend, qu’on s’apprivoise en tant qu’autrice ou auteur, qu’on repère ce qui fonctionne ou pas, ce qui est bancal et ce qui est puissant, que l’on identifie nos forces et nos faiblesses (avec la possibilité de les faire évoluer !).
Voilà pourquoi, si vous avez un projet d’écriture, je vous encourage vivement à vous lancer sans trop cogiter par avance, sans trop procrastiner par peur de l’imperfection.
De quoi avez-vous besoin, vous ?
Et à réfléchir sur le trajet à ce dont vous avez besoin pour “être bon(ne)” : Devez-vous consacrer plus de temps à la préparation ? Ou au contraire, savoir de vous lancer plus vite dans le premier jet ?
Avez-vous besoin d’améliorer votre maîtrise des structures narratives, votre style, votre capacité à trouver des idées originales ou à créer du suspense ? Avez-vous besoin de prendre confiance en vous ?
Je suis certaine que vous avez déjà une idée des réponses à ces questions. Si c’est encore confus, les choses se préciseront au fil de l’écriture, et a fortiori au moment des discussions avec vos beta-lectrices.teurs.
Mes propres faiblesses de débutante
Pour ma part, voici les faiblesses qui me sont apparues lorsque j’ai rédigé mon premier manuscrit complet, “la génération spontanée des grumeaux” :
le manque de connaissance en narratologie : ce souci m’a conduite à dévorer des dizaines de livres, vidéos, formations (jusqu’à aujourd’hui concevoir mes propres masterclass 😉).
le perfectionnisme et ses corolaires : la lenteur, et une (fâcheuse) propension à laisser des paragraphes en chantier au cours du premier jet. Aujourd’hui, lorsque j’entame un roman, je m’efforce de moins réfléchir en cours de route (et je mets désormais en moyenne 3 à 4 mois pour terminer la première ébauche d’un livre).
Quant aux blocages au sein de chapitre, je fais toujours en sorte d’avancer sans laisser de blanc, sans recherche du mot juste, quitte à travailler un peu en mode “écriture automatique”. Je trouve qu’il est beaucoup plus difficile de combler les trous d’un gruyère que d’effectuer des modifications lors de la réécriture (d’ailleurs notre regard change en général avec le temps et la solution nous saute souvent aux yeux de façon simple a posteriori). Il vaut mieux avoir de la matière à remanier que du vide à combler.
la tendance bisounours (je crois que je ne suis pas seule dans ce club 😅) : j’ai dû apprendre (et j’apprends encore) à être moins gentille avec mes personnages, à intensifier leurs problématiques, à pacifier moins rapidement les conflits.
Je citerais pour finir Jean-Philippe Toussaint (auteur dont j’aurai l’occasion de vous reparler dans un prochain épisode d'”écrire comme…” : Il y a une chose qu’il ne faut jamais perdre de vue dans les périodes de sécheresse ou de doutes, c’est qu’il y a toujours quelque chose d’exponentiel dans le travail de l’écriture.
Il y a un moment où, après de longs efforts infructueux, l’écriture qui semblait nous résister, qui semblait se refuser à nous, se libère de façon continue dans des proportions grandissantes.
En bref : soyez confiant(e) ! 😉
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.