Le rythme d’un roman : alterner scènes lentes et rapides

Vous est-il déjà arrivé d’abandonner la lecture d’un roman en cours de route ? D’être séduit(e) par la quatrième de couverture, d’attaquer le livre plein(e) d’entrain, avant de déchanter.

J’ai vécu une expérience de ce type il y a peu (et pourtant, je suis plutôt bon public, parfois une simple originalité de style, ou des détails dans l’intrigue suffisent à aimanter mon attention) : un livre que j’avais prévu de terminer m’est tombé des mains au bout de cent cinquante pages. J’ai trouvé la première moitié du récit profondément ennuyeuse, et je n’ai pas pu poursuivre.

Au cœur du problème : une question de rythme. L’équilibre de l’alternance entre lenteurs et accélérations est primordial dans un manuscrit. Il est important d’y songer, que ce soit à l’échelle des scènes, des chapitres, ou du roman entier.

Les scènes lentes : un répit qui peut marquer

Commençons par les scènes lentes : elles sont utiles pour permettre aux personnages de reprendre leur souffle après une période d’action intense, ou pour offrir un moment de répit aux lecteurs et lectrices, ils ont parfois besoin d’assimiler ce qui vient de se produire. 😉

On peut aussi s’en servir pour développer la relation entre les personnages, faire la lumière sur leurs motivations et leur passé, pour accroître la tension (en créant un sentiment étrange de pressentiment alors qu’une catastrophe est imminente, en décrivant de façon très lente une scène sensuelle, etc.), ou encore préparer le terrain pour les événements à venir.

Tout ceci sans faire oublier que la scène doit avoir un rôle précis, contribuer à l’arc général de l’histoire. Dosées subtilement, les scènes lentes peuvent être parmi les moments les plus puissants et les plus mémorables d’un roman.

Les scènes rapides : dynamisme et tension

À l’inverse, les scènes rapides insufflent du dynamisme dans le texte, captivent les lecteurs et entretiennent la tension narrative.

Concrètement, pour ralentir le rythme, on peut jouer sur la forme du récit : construire des phrases plus longues, dotées d’une ponctuation « tranquille » (pas de points d’exclamation à tout bout de champ !), sans onomatopées.

On peut allonger les descriptions, s’intéresser aux détails, aux ressentis. On peut aussi agir sur le fond en ajoutant de la confusion, en éloignant des éléments du personnage principal, en enrichissant les intrigues secondaires.

Lorsqu’un roman accélère, le récit se focalise sur l’action et la part des descriptions, d’introspection, de sollicitation des cinq sens s’amenuise. C’est assez logique : dans le feu de l’action, les personnages ont moins le temps de réfléchir, d’observer, de prêter attention aux détails.

Les phrases, les dialogues deviennent plus courts et nerveux, émaillés de verbes d’action. Côté dramaturgie, on peut utiliser différents leviers pour accélérer le mouvement : faire croître le suspense, la tension, jouer sur l’angoisse immédiate, introduire un compte à rebours, un personnage aux agissements ou au caractère imprévisibles….

Le maître-mot : expérimenter

Comme toujours en écriture, il me semble que le maître-mot est l’expérimentation : c’est en testant différentes approches, en palpant le pouls du récit « in situ » (c’est le médecin qui parle 😅) que vous trouverez votre façon personnelle d’équilibrer le rythme.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.