Écrire comme Bernard Werber

31 ans de carrière. 30 millions de lectrices et lecteurs. 34 livres publiés. Cette semaine, je vous propose un nouvel épisode d’« écrire comme… », centré sur un auteur qu’on ne présente plus : Bernard Werber.

Revenons aux conseils de Bernard Werber :

Commencer petit

Bernard Werber fait en sorte de trouver « tous les jours une idée de roman ». C’est la base de sa méthode de travail, pour entretenir et muscler sa créativité. Il développe ensuite certaines de ces idées en petites nouvelles, dont quelques-unes deviennent de véritables romans.

Il conseille donc aux auteur(e)s de démarrer avec de petits textes. D’écrire autant que nous le pouvons, en commençant par des poèmes, des nouvelles, des histoires courtes afin de faire grandir nos idées, notre style, notre passion, notre capacité d’écriture.

L’art du suspense

Selon lui, s’il y a une seule chose que les auteur(e)s ont à apprendre, c’est maîtriser l’art du suspense. Pour contrôler ce qui donne envie au lectorat de tourner les pages, de savoir ce qui va se passer.

Il conseille pour cela de « positionner une sorte de secret à découvrir, ou de révélation à avoir, ou d’instant merveilleux à trouver, et de créer une frustration autour d’un “on ne vous le donne pas tout de suite, attendez un peu” ».

Il définit cette gestion de cette frustration comme une forme d’artisanat, au cours duquel l’auteur se place au-dessus du lectorat et lui dit « suis-moi ! ».

Soigner le démarrage

Pour lui, l’entrée en matière dans les premières pages doit être « la plus agréable possible ». Il considère que « les scènes d’exposition de 20 pages, juste pour montrer qu’on a un joli style » sont à proscrire.

Surmonter la peur

Bernard Werber explique que ce qui nous fait perdre l’envie d’écrire, c’est « la peur d’être jugé(e) par les autres, la peur de faire un mauvais livre, la peur de ne pas être publié(e), de ne pas aller au bout ».

Il nous invite à surmonter ces peurs en observant la manière dont elles se sont construites et se pérennisent. Quand nous commençons à écrire, un « petit prof de français, issu des systèmes scolaire et parental » se réactive dans notre tête et nous juge en bloquant notre créativité, ce qui nous conduit souvent « à cacher notre début de manuscrit comme si c’était un objet honteux ».

Il faut, selon lui, en revenir au plaisir d’écrire, aller chercher « notre petite étincelle intérieure », différente du moi social qui veut sans cesse contenter les autres, et nous donner le droit d’exprimer ce que nous sommes.

Se trouver un maître d’écriture

Lorsque nous adorons un auteur(e), nous nous empêchons parfois de puiser l’inspiration dans ses textes, par peur du plagiat ou de la copie. Pour Bernard Werber, il faut aller au-delà de cette crainte et se dire qu’avoir un maître d’écriture signifie seulement « être dans l’esprit, la liberté, la manière de développer les histoires de tel ou tel ».

Il déclare que lire un(e) auteur(e) inspirant(e) « peut vous permettre de décomposer les structures comme si on démontait un moteur de voiture Mazeratti pour voir comment c’est fait. Cela ne vous empêche pas de construire autrement une Lamborgini. »

Le laboratoire alchimique des personnages

Il insiste beaucoup sur la notion de transformation des personnages. Pour lui, une histoire est une sorte de « laboratoire alchimique » grâce auquel un personnage sera différent à la fin de ce qu’il était au début.

Il point également l’importance de la caractérisation : Plus un personnage est différent des « gens normaux », plus, il va être attachant pour le lectorat. Il ne faut donc jamais hésiter à inventer des problèmes aux personnages, à les faire souffrir .

« Il n’y a pas de déontologie des créateurs de monde », nous dit-il, « vous pouvez vous défouler sur vos personnages, mais à la condition de toujours garder en tête la qualité du spectacle ».

Traquer l’originalité

Bernard Werber considère que l’originalité d’un texte est primordiale. Qu’il vaut mieux renoncer que traiter sans innover un sujet déjà vu et revu. Son conseil : « Cherchez le sujet le plus inintéressant et à partir de là commencez à réfléchir : comment le rendre intéressant ? »

C’est en procédant ainsi qu’il a choisi le thème de son roman « Les fourmis ».


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.