La semaine dernière, je vous ai parlé du Gestalt-thérapeute Joseph Zinker. Il a établi une liste de problèmes qui bloquent la créativité des psychothérapeutes. Et que l’on peut extrapoler à la créativité des écrivains.
Je poursuis donc la réflexion entamée dans mon e-mail précédent. Nous allons parler de culture des idées, de yin-yang et de persévérance.
Revenons aux éléments susceptibles de bloquer votre créativité :
1. Se soustraire à la frustration : « Abandonner trop vite lorsque l’on fait face à un obstacle » Si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez que « persévérance » est l’un de mes mots préférés. 🙂 Écrire et publier un roman n’est facile pour personne. Certains moments sont fluides, mais d’autres sont vraiment compliqués, et nous poussent dans nos retranchements, que ce soit en phase d’écriture, de réécriture, de publication ou de promotion.
Se remémorer les raisons pour lesquelles on écrit, profiter du chemin, rester patient(e) et optimiste me paraissent des éléments primordiaux.
2. Anémier ses propres fantaisies : souffrir d’une carence d’imagination au sens de « faisons comme si » ou « qu’est-ce qui se passerait si… » Voilà un blocage fréquent chez les personnes qui rêvent d’écrire un roman, mais n’osent pas se lancer : « je n’ai pas suffisamment d’idées ».
Le premier pas consiste alors souvent à s’autoriser à penser, imaginer en roue libre. Comme le dit Pascal Perrat : « Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais l’art de les cultiver ».
3. La crainte de l’inconnu : « éviter les situations qui ne sont pas claires ou celle où les probabilités de succès ne sont pas connues ». C’est une lapalissade, mais si l’inconnu inquiète (« vais-je écrire un bon roman feel-good, moi qui suis auteur(e) de fantasy ? », « suis-je capable me lancer dans la rédaction d’un roman choral ? »), il est aussi excitant et source de joie.
La coach littéraire que je suis (parfois 😉 ) vous encourage à suivre vos élans !
4. La répugnance à exercer son influence : « Hésiter à témoigner de ce que l’on croit ». Il arrive qu’on hésite à décrire des positions tranchées, à créer des personnages à l’identité marquée, à affirmer ses valeurs dans un roman, par crainte de réactions négatives de la part de certains lecteurs ou lectrices.
« Je n’ose pas écrire une romance homosexuelle ». « Le végétarisme divise ». « Je ne peux pas parler d’addiction ». C’est pourtant ce qui vous permettra de définir les contours de votre univers singulier.
Songez à vos romans préférés : je suis sûre qu’ils ont une identité claire, qu’ils sont loin d’être tièdes ou fades. Pour ma part, j’aborde le sujet de la psychothérapie ou de la psychologie dans tous mes romans… et si certaines personnes y sont allergiques, d’autres y trouvent matière à réflexion. 🙂
5. La répugnance à se laisser aller : « être incapable de laisser les choses mijoter ou de les laisser se produire naturellement » Si vous êtes un pur écrivain jardinier, ce problème n’est pas vôtre.
Mais si vous avez tendance à planifier chaque détail de votre manuscrit, un peu de laisser-aller ne fait parfois pas de mal. 😉
6. Un yin yang mal intégré : « Souffrir d’une carence dans l’utilisation des contrastes qui permettent de saisir l’essence des choses ». C’est le point que je préfère (n’hésitez pas à me dire, par retour de mail, lequel est le vôtre).
Car j’aime les polarités. Les antagonismes apparents, les ambivalences. C’est une chose qui surgit si souvent avec mes patient(e)s, en psychothérapie. Nous sommes traversé(e)s de vents contraires, de pensées ou d’émotions qui nous entraînent simultanément dans des directions opposées.
Et l’on peut en faire une richesse pour nos romans.
7. Des sens émoussés : « avoir des capacités d’exploration atrophiée ; avoir une sensibilité déficiente ». J’y vois l’importance de développer notre « palette sensorielle », puisque l’expérience vécue s’enracine toujours dans notre sensibilité.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.