En ce moment, les choses bougent du côté de mon actualité d’auteure. Non seulement j’ai bien avancé dans l’écriture de mon nouveau roman. Mais un événement que j’attendais (très !) impatiemment arrive dans 3 semaines :
La sortie en librairie de la version poche de mon dernier livre paru, “La journée de l’amour et de la lessive”. C’est pourquoi, aujourd’hui, j’ai envie de vous parler des coulisses de l’édition, et de vous donner quelques idées pour la promotion de votre roman.
L’importance du format poche
Une parution en poche, cela pourrait sembler peu excitant, le texte n’est pas nouveau et a déjà rencontré un lectorat. Mais en réalité, c’est une étape cruciale dans la vie d’un(e) auteur(e).
En ce qui me concerne, cette publication sera ma cinquième au format poche. Après Le début des haricots au Livre de Poche, Plus que toute autre chose chez J’ai Lu, et mes deux romans suivants chez Eyrolles poche.
Et je sais d’expérience que c’est très positif. Un livre de poche a une durée de vie bien plus longue qu’un broché. Son prix le rend vraiment plus accessible. Il se vend, du coup, beaucoup mieux que le grand format dans la majorité des cas.
Beaucoup d’écrivains connus le sont devenus grâce au succès de leurs livres poches.
Si vous avez l’opportunité de signer un contrat d’édition pour votre roman, c’est donc une donnée à prendre en compte dans l’équation. En voyant avec votre éditeur si un partenariat est prévu avec une maison d’édition poche dans un deuxième temps.
Ou s’il dispose de sa propre collection (comme le mien, Eyrolles). Poser la question sur la table dès le départ me semble une bonne idée. Mais il sera aussi toujours possible d’être actif(ve) dans un deuxième temps, pour solliciter un éditeur poche, surtout si votre broché se vend bien (on dit en général qu’il faut au moins quelques milliers d’exemplaires écoulés pour accéder au poche). C’est ce que j’ai fait pour Le début des haricots.
Parler de son livre avant la sortie
Cette sortie en poche me replonge aussi dans une phase de promotion plus active. Après un petit temps mort ces derniers mois. Car c’est une réalité que, j’imagine, vous n’êtes pas sans connaître :
Avoir écrit un livre ne suffit pas à le faire exister.
Ma référence préférée, en matière de mise en lumière d’un roman, c’est le livre Montrez votre travail, d’Austin Kleon. Un ouvrage dont j’avais eu l’occasion de vous parler dans cet épisode du Lab, et que je vous recommande chaudement, parce qu’il est inspirant et galvanisant.
L’idée princeps de cet auteur, c’est de documenter son processus créatif. Et de le partager avec son audience au jour le jour. C’est valable tout au long de l’écriture de votre manuscrit.
Mais lorsque le lancement approche, il est souvent nécessaire de passer à la vitesse supérieure.
Vous vous dites peut-être que parler de votre livre trois semaines avant qu’il sorte ne sert pas à grand-chose. Que ce sont des coups d’épée dans l’eau étant donné que le roman n’est pas encore disponible, et qu’il vaut mieux attendre le jour J.
Que les précommandes n’ont pas d’utilité particulière. (C’est ce que je croyais à mes débuts). Détrompez-vous. Si vous êtes en auto-édition, annoncer la sortie prochaine de votre livre vous aidera à obtenir un meilleur démarrage.
Or, de bonnes ventes initiales constituent des signaux importants pour les plateformes comme Kindle ou Kobo, qui proposent des mises en avant aux auteur(e)s dont le roman rencontre un certain succès (là aussi, c’est ce qui m’est arrivé avec Le début des haricots).
Si vous êtes publié(e) en maison d’édition, les précommandes de votre roman ont une importance non négligeable. Parce qu’elles envoient un premier signal aux libraires et aux diffuseurs.
Et peuvent ainsi influencer ce qu’on appelle le placement en librairie (c’est-à-dire les quantités mises en rayon), donc votre visibilité de départ. Tout va très vite, en librairie, et il est primordial de ne pas rater le coche.
« Mais moi, je suis autrice ou auteur, je n’ai pas envie de me transformer en vendeur de tapis. » C’est peut-être la réflexion qui vous est venue en me lisant. (Je me dis aussi fréquemment ce genre de choses).
En la matière, je trouve que le meilleur moyen de se rassurer, c’est de penser à la rencontre avec votre lectorat. Parce que, si vous écrivez, c’est aussi pour cela : vivre cette rencontre médiée par votre texte.
Être lu(e), entendu(e), pouvoir échanger avec d’autres personnes autour de votre roman.
Penser à son audience d’abord
Quand on prend ce point de départ, on comprend que pour créer des posts sur les réseaux sociaux au sujet d’un livre, il est essentiel de penser à votre audience en premier. Avant même de songer au livre lui-même.
Comprendre que ce qui intéresse votre audience, ce ne sont pas les informations brutes. Mais les anecdotes, les réflexions, les petites histoires. Les émotions. Des récits auxquels s’identifier.
Penser ainsi permet de créer des accroches pour susciter des interactions avec vos futur(e)s lectrices et lecteurs.
Je vous donne deux petits exemples : Tout d’abord, je m’apprête à révéler la couverture de ce roman poche. Qui est différente de celle du broché. Pour ce faire, je ne vais pas me contenter d’une diapositive unique, en mode « Cover Reveal ».
C’est-à-dire une information brute. Je vais plutôt axer mon propos autour de l’aspect inattendu de la couleur de la couverture. Elle est, en effet, inhabituelle pour un roman à première vue plutôt feel-good.
Cela me permettra de demander à mon lectorat ce que cette teinte leur inspire. Si elle les intrigue. Mon deuxième exemple, c’est un Réel que j’ai décliné à plusieurs reprises sur Instagram cet été.
Pour Psy, jeûne et randonnée, un roman qui a très bien marché en poche. Plutôt qu’annoncer sa disponibilité, j’ai utilisé une accroche sous forme de question/réponse, en filmant la tranche du livre, puis sa couverture.
« Vous vivez une relation compliquée avec votre mère ? Alors ce roman pourrait bien vous parler ». Résultat : au moins 5000 vues sur chaque Réel dans ce format (des vidéos qui ne m’ont pris que dix minutes à poster).
Et des résultats tangibles sur les ventes, visibles dans mes chiffres sur la plateforme Filéas.
Vous le voyez, ce n’est pas grand-chose en soi. Rien de très exceptionnel. Mais c’est justement pour cette raison que l’on peut dédramatiser. Vous n’avez pas besoin de réinventer la poudre ni d’idées brillantes pour parler de votre roman.
Il suffit juste de chercher des angles capables de susciter une question, un étonnement, ou une autre émotion. Vous n’avez pas non plus besoin que tout soit parfait pour vous y mettre. Vous pouvez commencer là où vous en êtes (même si c’est le chantier ou le chaos 😉).
Votre audience ne prêtera pas attention aux petites imperfections, et je pense même qu’avec la montée de l’intelligence artificielle, elles seront la marque bienvenue de votre authenticité.
Et un pas après l’autre, vous ouvrirez des portes. Pour inviter, petit à petit, des lectrices et des lecteurs à entrer dans votre univers.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.