La puissance des symboles dans un roman

Avez-vous déjà songé à ce que serait Harry Potter sans sa cicatrice ? Il lui manquerait quelque chose, c’est certain. Tout au long de la saga, cette cicatrice symbolise la force et la résilience de Harry, le poids du destin sur ses épaules, sa différence, son lien avec Voldemort.

C’est ce que j’aimerais évoquer aujourd’hui : la puissance des symboles dans un roman. Au programme de cet e-mail :

  • De petits paquets de sens condensés
  • Comment j’ai utilisé le symbole de l’océan dans mon dernier roman
  • Les 4 piliers de l’utilisation des symboles
  • Le brainstorming du vendredi soir
  • Un saule pleureur ou un sapin de Noël

De petits paquets de sens condensés

Les symboles sont des êtres, des objets ou des faits perceptibles (actions, situations, décor…) qui évoquent spontanément quelque chose d’abstrait ou d’absent. Une rose rouge symbolise l’amour, la passion.

Le mont Everest symbolise le courage et la détermination. Un personnage de “savant fou” peut symboliser l’innovation, la curiosité, l’originalité. En plaçant à bon escient des lieux, des objets, des personnages (ou autres) symboliques dans votre roman, vous activez de manière puissante l’inconscient de vos lecteurs.

Dans “l’anatomie du scénario”, John Truby insiste énormément sur l’importance des symboles, qu’il décrit comme de “petits paquets de sens hautement condensés”, qui “découlent de votre idée d’histoire”.

Le symbole de l’océan.

Je vais vous donner un exemple pour que ce soit moins nébuleux. Dans mon nouveau roman, “Psy, jeûne et randonnée”, j’ai utilisé le symbole de l’océan. J’aurais pu localiser mon stage de jeûne et randonnée dans le Massif central ou dans la Sarthe, mais j’ai choisi l’île de Ré.

Ce n’est pas par hasard. Dans l’imaginaire collectif, l’océan symbolise l’infini. Les profondeurs et le mystère. Les flux et reflux. L’aventure, la liberté

Tout ceci, dans un dosage variable et singulier pour chacun d’entre nous. J’ai utilisé cette allégorie pour refléter la vie émotionnelle de mon héroïne. Le perpétuel mouvement de l’océan, ses grondements, sa puissance à marée haute le dévoilement de la plage à marée basse entrent en résonance avec les tâtonnements, le parcours psychologique de mon personnage.

Pour faire vibrer dans le récit ces notions d’infini, de profondeur, de reflux.

Les 4 piliers de l’utilisation des symboles

Vous voyez ici que l’utilisation des symboles dans un roman s’appuie sur 4 piliers : 1. La clarté et la cohérence dans le choix du symbole. 2. L’introduction subtile du symbole, sans expliciter textuellement sa signification (je ne vais pas dire “je me tenais au bord de l’océan, symbole de mouvement et d’inconnu”😉 ).

3. La répétition du symbole, tout au long du roman. 4. Les variations, l’évolution éventuelle : toute modification, même minime, du symbole agira de façon puissante une fois ce dernier ancré dans l’esprit de vos lecteurs.trices.

Quels symboles pour votre roman ?

Vous pouvez donc vous poser les questions suivantes (c’est le petit brainstorming du vendredi soir, pour bien terminer la semaine 😄) : Quelles idées, quelles émotions, quels concepts ai-je envie de transmettre via mon histoire ?

Quels sentiments voudrais-je faire naître chez mes lecteurs ? Quel symbole pourrait être lié à mon thème principal ? Est-il subtil ou s’agit-il d’un cliché ? Y a-t-il un objet, un lieu, un archétype de personnage que je pourrais utiliser afin d’ajouter à mon roman une dimension symbolique ?

Comment unifier différents symboles pour créer dans mon histoire un réseau de symboles, une métaphore filée ?

Je vous donne un dernier exemple personnel, pour la route : dans mon prochain livre, l’un des personnages parlera de temps en temps à un arbre. Et vous voyez que la symbolique ne sera pas du tout la même si cet arbre est un chêne, un saule pleureur ou un sapin de Noël.

J’imagine que, de votre côté, vous pouvez soulever pléthore de questions de ce type avec votre roman !

Quand on prépare un roman, on songe en général au plan, aux personnages. À l’intrigue, à la justesse des dialogues. À l’univers, aux codes du récit. On conscientise rarement le réseau de symboles (alors que, s’en nous en rendre compte, nous en semons un peu partout dans l’histoire 🙂).

Se pencher sur le sujet me paraît très intéressant.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.