Dans moins d’un mois, mon prochain roman paraîtra en librairie (j’ai hâte!). Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé des coulisses de mes livres et de l’édition. Je vais me rattraper aujourd’hui, et partager avec vous quelques pistes qui me semblent intéressantes pour un(e) auteur(e).
Au programme de cet e-mail :
- Des Parents toxiques
- La cabane au fond du jardin
- L’éditeur a toujours raison
- Il est difficile d’apparaître
Parents toxiques
Il y a dix ans, j’ai lu un best-seller américain de psychologie, “Parents toxiques”, de Susan Forward (oui, le titre n’y va pas avec le dos de la cuillère 😅, mais le contenu lui-même est tout à fait passionnant et plein de nuances).
Il m’a beaucoup marquée, et je portais depuis l’envie d’exporter quelque chose de ces impressions dans un roman. Le thème m’est donc venu en premier. Partant de là, j’ai créé plusieurs personnages féminins : une patiente aux prises avec une mère intrusive, une psychothérapeute, et une jeune femme médecin généraliste à la mère dépressive.
J’en ai conçu deux intrigues porteuses de résonances, entremêlées l’une avec l’autre.
Plus que jamais, ce manuscrit m’a donné à voir à quel point l’intrigue et les personnages sont les deux facettes d’une même pièce. Doter nos personnages d’une véritable épaisseur psychologique est essentiel.
C’est ce qui permet par la suite de les confronter à leurs peurs les plus intenses. D’imaginer des événements taillés sur mesure pour appuyer sur leurs blessures. On ne place pas n’importe quel personnage dans n’importe quelle histoire.
Ça peut paraître trivial, mais se le remémorer nous aide à aller chercher plus de profondeur. Mon héroïne ne s’éloigne jamais de sa mère dépressive ? Je vais l’envoyer loin de chez elle.
Faire un stage. Mais pas n’importe quel stage : un stage de jeûne et de randonnée, parce que manger est l’une de ses ressources dans la vie, et parce que la fatigue occasionnée par la marche la poussera vers plus de vulnérabilité.
Au bord de l’océan, pour accroître l’aspect introspectif. En plaçant autour d’elle des personnages secondaires qui sauront spécifiquement réveiller ce qui la tracasse. Etc. Dans un va-et-vient continuel entre les personnages et l’intrigue.
La cabane au fond du jardin
J’ai choisi de la situer mon histoire dans des lieux que je connais bien : sur l’île de Ré, à Saint Clément des Baleines. En juillet dernier, j’y ai passé de longs moments à arpenter la plage, un carnet à la main, pour noter mes impressions, les cinq sens en éveil.
C’est une chose que je vous conseille vivement : choisissez un décor que vous connaissez bien, des lieux que vous avez parcourus, et qui vous attirent, suscitent en vous des échos particuliers, des émotions intenses.
Le lieu où vous avez grandi, votre destination de vacances, la cabane dans l’arbre de votre jardin. C’est le meilleur moyen de rendre le décor non seulement réaliste, mais aussi vivant, partie prenante de l’histoire.
De l’utiliser pour générer une ambiance. Et, par la même, des réactions émotionnelles chez vos lectrices.teurs.
L’éditeur a toujours raison
Le titre initial de mon manuscrit était “Nous sommes nos propres mères”. Je trouvais qu’il condensait bien l’esprit du livre, la transformation des personnages (apprendre à composer avec les manquements d’un parent, gagner en autonomie), l’aspect “Girl power” de l’histoire 😊.
L’équipe marketing d’Eyrolles n’a pas validé cet intitulé, et m’a demandé de le changer pour “Psy, jeûne et randonnée” (qui était le tout premier titre provisoire du roman… pas si provisoire que ça, au bout du compte 😅).
Je me suis rangée à leur avis, parce que je garde en tête la phrase de Stephen King qui dit que l’éditeur a toujours raison. C’est, certes, à mettre en perspective parfois, mais je crois qu’il ne faut pas se priver totalement des regards extérieurs.
Si vos bêta-lecteurs vous pointent tous un problème similaire, il y a sûrement là une part de vérité. Si vos amis vous disent que la 4ème de couverture n’est pas aboutie, il faut probablement la changer.
Il n’est pas toujours facile de “bouger”, lorsque cela concerne notre manuscrit. Mais c’est souvent pour le mieux.
Il n’est pas facile d’apparaître
Dans ce roman, je décris en détail (un chapitre sur deux), le déroulement d’une psychothérapie menée par une Gestalt -thérapeute. C’est un dévoilement qui n’est pas du tout anodin pour moi.
Au moment des corrections éditoriales, j’ai traversé une période de doutes et d’appréhension. La peur d’apparaître, en somme. Ma superviseure en a beaucoup entendu parler. 😅
Mais elle a su trouver les mots pour me rassurer. Elle m’a conseillé de moins cogiter, de me faire confiance. De lâcher l’idée qu’il y n’existe qu’une seule vérité, qu’une bonne manière de faire.
De (surtout) ne faire lire mon manuscrit à aucun Gestalt-thérapeute avant le départ du livre pour l’imprimerie. 😆
Elle m’a redonné foi en ma créativité, en l’élan joyeux qui me pousse vers l’écriture. Et je crois que sont des appuis précieux à garder près de soi quand vient le moment de presser le bouton “publier” ou de signer un contrat d’édition.
Pour laisser notre roman s’en aller, vivre son existence… et toucher les autres.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.