Aujourd’hui, j’aimerais vous parler des coulisses de mes livres, et plus précisément du parcours de mon prochain texte, à paraître au printemps chez Eyrolles. C’est un roman que j’ai commencé il y a longtemps (environ 3 ans), mais dont j’ai plusieurs fois mis le manuscrit entre parenthèses, pour écrire « Médecine 2ème année », trois nouvelles pour les éditions J’ai Lu, réfléchir à divers projets, sans compter l’arrivée de mon troisième enfant au milieu de tout ça.
Mais mes deux alpha-lecteurs, qui avaient découvert les premiers chapitres, m’ont réclamé la suite sans relâche, et j’ai finalement repris et terminé ce texte, le plus long de mes cinq romans.
Un « accountability buddy » pour tenir la distance
Cela m’amène à une première idée qui me semble intéressante : parler de votre projet à une personne qui vous encouragera, vous demandera régulièrement des nouvelles (un accountability buddy, comme disent les anglo-saxons), peut être soutenant dans les moments où le chemin paraît poussif. Écrire un roman est un travail de longue haleine, une aide extérieure est parfois salutaire.
À mes débuts, je ne travaillais pas vraiment selon le schéma classique « premier jet, relecture et réécriture, puis corrections ». Je me relisais au fur et à mesure, réécrivais les passages qui ne me convenaient pas avant de passer au chapitre suivant. Aujourd’hui, je procède différemment, avec un temps de préparation préalable conséquent (élaboration du plan et des personnages, recherches éventuelles), suivi de l’écriture d’un premier jet puis d’une phase de réécriture. Agencé de la sorte, je trouve le processus plus harmonieux.
Le premier jet de ce cinquième roman ne me satisfaisait pas pleinement. Je voyais clairement comment améliorer certains passages, mais je sentais que je manquais de recul à d’autres endroits.
Le premier jet n’est pas pour vos lecteurs
J’en viens ici à la seconde idée du jour : un premier jet n’a pas vocation à être lu par votre lectorat, mais seulement par vos bêta-lecteurs, choisis pour leur savoir-faire et leur bienveillance ;-).
C’est une première mouture perfectible, vous pourrez la retravailler autant que nécessaire. S’en souvenir permet de lâcher un peu nos exigences lorsqu’on rédige un premier jet.
Depuis plus d’un an, j’ai la chance d’avoir un agent littéraire, qui collabore avec une éditrice free-lance. Cette dernière m’a proposé des pistes de réécriture judicieuses, elle m’a aidée en quelques phrases seulement, à identifier les domaines à rééquilibrer, à corriger certains aspects qui me semblaient bancals.
Pour la phase de corrections, mon agent travaille également avec un correcteur professionnel, plus pointilleux que toutes les correctrices des maisons d’édition avec lesquelles j’ai eu l’occasion de travailler. 😄
Lorsqu’on débute, je pense que des relectures attentives et le logiciel Antidote suffisent, c’est ce que j’ai fait pour mes premiers romans, et que le concours d’une correctrice ou d’un correcteur professionnel(le) n’est pas nécessaire. Par contre, lorsque c’est possible financièrement, il me semble qu’une bêta-lecture professionnelle, effectuée par une personne aguerrie, peut être très profitable.
Déléguer à un agent
Une fois le manuscrit fin prêt, c’est mon agent qui s’est chargé de la négociation auprès des éditeurs. Avoir délégué cette étape est vraiment agréable, et je recommande sans hésiter le recours à un agent aux auteur(e)s qui ont déjà une certaine expérience de l’édition. Si ce n’est pas votre cas et que vous aimeriez avoir quelques pistes au sujet de la recherche d’un éditeur, j’ai écrit un article de blog sur ce thème, à retrouver ici : https://fannygayral.com/comment-trouver-un-editeur/.
Voilà pour ce que je peux vous dire de l’avancée des opérations à ce jour. Prochaine étape pour moi : la reprise du texte avec ma nouvelle éditrice chez Eyrolles. Je vous tiendrai au courant de la suite…
Avant de finir, je tenais à remercier toutes les personnes qui m’ont écrit la semaine dernière, suite à mon mail précédent. Je ne m’y attendais pas, et cette kyrielle de messages m’a vraiment touchée !
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.