Mon mail de mercredi (“Rien ne se passe comme prévu”) a suscité des réactions. 😊
Plusieurs personnes m’ont notamment questionnée sur mon agent. Pourquoi en ai-je pris un ? À quoi sert-il ? Quand faut-il faire appel à un agent ?
Comment trouver le bon agent
Comment trouver le bon ? Est-ce avantageux ?
Revenons aux agents littéraires.
Débutant ? Mieux vaut attendre
Cela va peut-être vous paraître étrange, mais si vous débutez, je vous déconseille d’y avoir recours. Vous aurez d’ailleurs sûrement du mal à en trouver un qui accepte de travailler avec vous.
Ils sont peu nombreux en France et sont très sélectifs. Ils privilégient les auteur(e)s ayant déjà été publié(e)s, ayant plusieurs projets édités ou dans les cartons, ou encore doté(e)s d’une notoriété ou une communauté conséquente.
Vous forger un bagage me semble incontournable. Il vaut mieux avoir déjà une certaine expérience de l’écriture et de l’édition, s’être frotté(e) à la négociation, afin de savoir ce que l’on veut pour sa carrière et ses romans, avant de prendre un agent.
Si un éditeur vous propose un contrat, profitez-en pour apprendre. Pour autant, rien ne vous empêche de prendre des avis extérieurs. Par exemple du service juridique de la SGDL ou bien de la Ligue des auteurs.
Une exception à mon propos : le programme “Agent” de Librinova, activé après 1000 exemplaires vendus en auto-édition, me paraît très intéressant pour les débutant(e)s.
Pourquoi j’ai pris un agent
Comment en suis-je venue à prendre un agent ? Pour mes trois premiers romans publiés, j’ai tout géré seule. Un agent m’avait spontanément contactée au moment du succès d’autoédition du “début des haricots”, et je n’avais pas donné suite.
Mais en 2020, j’ai traversé une période difficile. Je souhaitais changer d’éditeur. Rejoindre une maison d’édition à la ligne éditoriale plus en phase avec mes romans. Une mission impossible à mener à bien en solitaire.
J’ai donc fait appel à un agent qui a tout géré, avec aisance.
Le rôle d’un agent
Quel est son rôle ?
- Si vous n’avez pas encore d’éditeur pour votre roman :
L’agent vous aide à retravailler le manuscrit (grâce à son équipe éditoriale) afin de mettre toutes les chances de votre côté. Il s’occupe ensuite des envois aux éditeurs. Ceci de façon beaucoup plus directe que lorsque vous le faites seul(e), grâce à son réseau.
- Lorsque l’éditeur est trouvé :
Il assure toute la négociation des contrats, des clauses spécifiques (notamment d’exclusivité… et c’est salutaire !), de l’à-valoir, des pourcentages. Il peut aussi gérer la cession des droits étrangers et audiovisuels.
Et peut ensuite être un intermédiaire de discussion entre vous et l’éditeur à chaque fois que vous en avez besoin.
Comment est-il payé ? En général par une rétrocession de 10 à 15% de vos droits d’auteur(e). L’idée est que vous soyez gagnant(e) : le fait qu’il négocie des droits d’auteur(e) plus élevés compense sa rémunération.
J’adore mon agent. Depuis le début, il est comme une nounou pour moi. Il est très maternant. Réactif, toujours de bon conseil. Il m’encourage et suit de près mes projets littéraires
Dès que j’ai un problème ou une question, je sais que je peux me tourner vers lui. Nous faisons régulièrement le point (sur les projets, les contrats, les relevés de DA, le passage au poche…).
C’est une situation très confortable qui me permet de me concentrer uniquement sur l’écriture. Je ne regrette vraiment pas ce choix. Je me dis même que j’aurais dû prendre cette décision plus tôt.
Vous l’avez compris : si vous êtes plus aguerri(e) et avez déjà été publié(e), je vous recommande le recours à un agent les yeux fermés. 😊
Comment trouver le bon ? Je vous conseille très fortement de ne signer qu’avec un agent membre de l’AALF (l’Alliance des Agents Littéraires Français, branche du SFAAL, le Syndicat Français des Agents Artistiques et Littéraires).
La liste est ICI. L’adhésion à l’AALF est un gage de professionnalisme dans ce métier encore confidentiel en France. À noter qu’il est nécessaire de faire un tri pour repérer les agents littéraires, car la majorité des professionnels de cette liste sont des agents d’actrices et d’acteurs.
Pour ma part, j’avais envoyé 10 mails à des agents, 4 d’entre eux m’ont répondu.
Pour conclure ce long mail, le message principal en matière de recherche d’éditeur est selon moi : Privilégiez la qualité de votre livre. Un roman captivant, bien mené et bien écrit trouvera son éditeur.
J’en ai la certitude.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.