« J’aimerais reprendre et réécrire ce premier roman un peu bancal malgré ses qualités. Mais j’ai un nouveau projet de livre centré sur un thème que j’ai vraiment envie d’explorer en ce moment.
Je pourrais aussi écrire un roman de fantasy young adult. Ou une romance, pourquoi pas ? Et il faut absolument que je me forme au copywriting, pour améliorer ma capacité à promouvoir mes livres.
Que je reposte tous mes reels Instagram sur TikTok. » Etc.
Cette ritournelle, vous la connaissez sûrement. C’est le dialogue classique que tous les auteurs ont avec eux-mêmes dans les sillons de leur cortex. Parce que choisir, c’est renoncer, et que, bien souvent, nous aimerions pouvoir tout faire.
Alors, comment faire des choix sereinement, savoir sur quoi se concentrer quand on a envie, dans le même temps, de boucler trois manuscrits, de lancer une activité annexe à l’écriture, d’animer cinq comptes sur les réseaux sociaux, tout en continuant à vivre, travailler, s’occuper de sa famille ?
1. Lorsque je me sens débordée, je commence par me poser un certain nombre de questions, pour chacun des projets présents sur la table (mode Brainstormin activé) : Est-ce que j’en ai besoin ?
Est-ce que c’est obligatoire ? Puis-je m’en passer ? Est-ce que c’est urgent ? Est-ce que ça m’apporterait beaucoup ? Qu’est-ce que ça changerait dans ma vie ? Est-ce que “ça me fait oui ou non”, corporellement et dans le coeur, est-ce que ça me procure de la joie (c’est la méthode Marie Kondo appliquée aux écrivains 😉).
Si je visualise cette tâche accomplie, comment est-ce que je me sens ? A contrario, si je m’imagine refusant, repoussant ce projet, ou y renonçant, qu’est-ce que cela me fait éprouver ?
Quelles en seraient les conséquences ?
2. Souvenez-vous que nous avons toujours tendance à vouloir en faire trop à court terme et pas assez sur le long terme (c’est-à-dire que nous sous-estimons fréquemment ce qui peut être accompli dans la durée, avec de la persévérance).
3. Il m’arrive souvent de me référer à la loi de Pareto, ou règle des 80/20, qui stipule que 80 % des résultats proviennent de 20 % des efforts. Pour l’appliquer à la priorisation de vos projets d’écriture, vous pouvez commencer par dresser une liste de toutes les tâches que vous devez accomplir, puis déterminer celles qui sont les plus importantes, en fonction de leur impact sur vos objectifs.
Ce sont ces dernières sur lesquelles il est essentiel de se concentrer.
4. Je me demande aussi s’il m’est possible d’arriver au même résultat (ou presque), avec une stratégie plus minimaliste. Un exemple : pour promouvoir mon livre sur les réseaux sociaux, je ne suis pas obligé(e) de lancer un compte Linkedin, Instagram, TikTok, une page Facebook, et d’animer tous les jours chacun de ces espaces.
Je peux me concentrer sur un seul canal (c’est le choix que j’ai fait pour ma part), et poster 3 fois par semaine.
En procédant de la sorte, il m’est arrivé, ces dernières années : De refuser un projet de roman pour adolescents,
De refuser deux participations à des anthologies de nouvelles,
(projets proposés par de grandes maisons d’édition dans les deux cas). De décliner des demandes de collaboration. On s’imagine souvent qu’on ne peut pas dire non à de telles opportunités.
Et pourtant, c’est possible. Si ce n’est pas le bon moment. L’important est de suivre votre cœur. D’identifier vos priorités. Pour avancer vers vos rêves,
tout en vous préservant.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.