Comment encaisser les critiques négatives sur vos livres

“À aucun moment je n’ai accroché. Trouvant le style lent, l’histoire inexistante ou si légère que cela ne vaut pas 30 pages. Je me suis forcé à le terminer, par respect pour l’auteure, mais sans plus.

Loin de moi l’idée de dire que c’est un mauvais livre. Seulement, il m’a laissé totalement indifférent.” Ouille. Voilà le premier mot qui m’est venu lorsque j’ai lu cette critique sur Amazon à propos de mon roman “La génération spontanée des grumeaux”, il y a 6 ans.

Comment réagir, comment traverser ce que l’on ressent, dans ces cas-là ? C’est tout le problème des critiques négatives. Elles nous plombent le moral, provoquent parfois de la honte (liée à l’impression que l’on n’est pas “tel(le) qu’il faudrait être”), sapent nos élans de créativité (qui se nourrissent de confiance et d’enthousiasme), voire vont jusqu’à nous donner envie d’arrêter l’écriture.

On se persuade parfois qu’elles sont l’ultime vérité. Et quand on débute, qu’on est en autoédition ou qu’on n’a pas encore acquis beaucoup de confiance, c’est d’autant plus difficile. Je me souviens d’avoir lu sur le mur Facebook d’Agnès Ledig, il y a quelques années, un post dans lequel l’autrice expliquait en substance “Quand j’achète du pain dans une boulangerie et qu’il ne me plait pas, je change de magasin. Je n’y retourne pas pour dire au boulanger combien son pain est mauvais. Il serait bon que ce soit pareil pour les livres. Je ne force personne à lire mes romans”.

J’avais trouvé que sa tirade ouvrait une réflexion intéressante, dans cette époque où l’évaluation sur 5 étoiles de toute chose ou toute prestation devient une habitude, et que cette dernière est rarement rédigée en mode “communication non violente”.

Se protéger d’abord

Ma politique personnelle, c’est d’abord de me protéger et de m’autoriser le ronchonnement cathartique😉, car je trouve dommage d’entamer mon enthousiasme à cause d’une critique négative.

S’il n’y a rien de constructif et que le lecteur n’aime pas le genre de mon roman, je n’en tiens pas compte (j’ai, par exemple, reçu des critiques sur le côté léger, feel good de mes romans).

Je pense qu’il faut se souvenir que, parfois, la personne parle d’elle-même, au fond, de ce qui la met mal à l’aise, de ce qu’elle n’aime pas dans la vie, et cela n’a pas grand-chose à voir avec vous ou votre livre.

Si je pressens qu’il y a une leçon à tirer, je laisse décanter un moment (ça peut être très long😅) jusqu’à ce qu’il me soit possible d’y réfléchir tranquillement. En regardant en arrière, il me semble que j’ai tiré peu d’enseignements des critiques négatives de lecteurs.trices sur les plateformes numériques, de façon générale. Ce sont souvent des avis à l’emporte-pièce, à l’utilité relative. C’est plutôt grâce aux retours élaborés et argumentés de mes éditrices, bienveillantes, nuancées, que j’ai pu progresser.

Cette notion de protection est également transposable, selon moi, aux réseaux sociaux. Votre page Facebook ou votre compte Instagram auteur(e) sont vos petits jardins, dans lesquels vous faites lentement pousser vos fleurs, et vous avez le droit de bloquer une personne qui vient les piétiner.

Quand une critique contient du vrai

Aujourd’hui, quand je relis le commentaire ci-dessus, je vois qu’il contenait des choses pertinentes. Qu’il pointait la nécessité de renforcer l’intrigue du roman ou de supprimer les longueurs.

Mais si j’accueille ça avec un sourire et de l’approbation désormais, c’est parce que ce commentaire ne remet pas ma posture d’écrivaine en question. Je sais qu’il n’est qu’une facette de la réalité. Que mon livre avait d’autres qualités. Qu’il pourrait être retravaillé et amélioré. Que d’autres lecteurs.trices ont poste des commentaires hyper positifs. Et que mon chemin ne s’arrêtait pas là.

Je vous conseillerais donc la bienveillance envers vous-même avant tout. Si vous sentez que vous n’avez pas envie “d’écouter” une critique, vous en avez tout à fait le droit. Cultivez votre confiance, votre certitude de légitimité, votre capacité à progresser, avec l’aide de bêta-lecteurs.trices respectueux.ses si besoin.

Comme le dit Martin Winckler “Chaque écrivante est sa pire critique. Il ne tient qu’à elle d’être sa meilleure alliée”.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.