Certains jours, l’inspiration peine à venir. Vous connaissez sûrement cette situation : vous asseyez à votre bureau, ouvrez votre ordinateur, et n’arrivez pas à commencer. Vous écrivez un mot, l’effacez, en écrivez un autre, il ne convient pas. Vous êtes au milieu de votre livre, vous vous représentez intuitivement ce que vous aimeriez raconter, mais vous ne savez pas par où débuter, par quel bout attraper cette nouvelle scène.
Parfois, certains passages sont plus difficiles à écrire que d’autres, parce qu’ils doivent être émotionnellement intenses, parce que ce sont des moments clés du roman, parce que ce sont des scènes complexes ou au contraire épurées…
Il nous faut ralentir, prendre le temps de déplier l’action sur plusieurs pages, alors même que l’idée tient en une ou deux phrases dans notre tête. Cela m’est, par exemple, arrivé avec la scène de constellation familiale dans Le début des haricots : comment passer de : « je vais décrire une séance de constellation familiale menant mon héroïne vers une prise de conscience » à la scène en question ?
Dans ces cas-là, pour lever les petits blocages au démarrage et faire chauffer le moteur, j’utilise différentes astuces que j’aimerais partager avec vous :
Des astuces pour faire chauffer le moteur
Démarrer avec un objet : c’est mieux avec un objet tangible, mais cela peut aussi être un objet imaginaire ou que vous ne possédez pas. Décrivez-le, palpez-le, imaginez que votre personnage le prend en main, puis élargissez la focale.
Prêter attention à vos 5 sens. Prenez par exemple cette tasse de café que vous êtes en train de boire. Touchez-là, humez le liquide, observez sa surface, goûtez-le… Ensuite, pensez à votre personnage au début de la scène : que voit-il/elle, que sent-il/elle, à quoi goûte-t-il/elle, qu’entend-il/elle, de quels parfums est-il/elle entouré(e), qu’éprouve-t-il/elle en cet instant ?
Démarrer avec un souvenir présentant des similitudes (plus ou moins nettes) avec ce que vous souhaitez raconter. Écrivez simplement sur votre page : « je me souviens de », puis décrivez les faits, le décor, les réminiscences des sensations, etc. Passez alors dans la scène de votre roman et poursuivez avec vos personnages. C’est ce que j’ai fait pour ma fameuse scène de constellation familiale : j’ai repensé à une séance réellement vécue en psychothérapie de groupe.
Démarrer en lisant un passage d’un livre dont vous aimez le style : cela peut vous aider à mettre du charbon dans la locomotive, en vous imprégnant de la musicalité du texte. Il faut bien sûr être vigilant(e) à ne pas imiter ou plagier cet(te) auteur(e) par la suite.
Lire un poème : pour poser le paysage, la saison, l’atmosphère de la scène. Partez de ces quelques impressions et écrivez la suite. Lire des témoignages sur Internet ou des articles de blogs relatifs au thème de votre scène, et noter des mots-clés, relever les champs lexicaux. C’est ce que j’ai fait pour écrire la scène de saut en parachute dans ma nouvelle On n’est pas sérieux quand on a 33 ans (recueil Sur un malentendu, tout devient possible, paru chez J’ai Lu).
Démarrer avec une photo : personnelle ou trouvée sur le net. Décrivez-la, sentez les échos qu’elle provoque en vous, avant d’extrapoler vers votre projet d’écriture. De la même façon, partir d’un dessin ou d’un tableau : notez ce que l’œuvre vous évoque et utilisez ces notes comme tremplin pour vous lancer.
Démarrer avec une question. Ce peut être une question existentielle : par exemple « quelle valeur accorde votre personnage aux liens familiaux ? », ou quelque chose de plus prosaïque : « quelles chaussettes, quel petit-déjeuner, quelle arme mon héroïne/mon héros choisit-il/elle ce matin, et pourquoi ? »
Vous ne conserverez peut-être même pas, au bout du compte, ces premières lignes qui vous auront aidé(e) à démarrer. Il s’agit juste d’appuyer sur le starter (spéciale dédicace aux fans du film Les Dieux sont tombés sur la tête 😉), pour enclencher le moteur et voguer tout droit vers l’état de flow.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.