Élaguer son manuscrit : 8 pistes pour resserrer le texte

Un roman c’est comme une chambre d’enfant, il est plutôt facile d’y faire entrer des choses mais plus difficile d’en faire sortir. Parce qu’on a souvent du mal à supprimer des phrases ou des passages entiers. Pourtant, passée l’étape du premier jet, élaguer le texte peut être très bénéfique.

L’idée principale, à mon sens, c’est l’accentuation du dynamisme, de la tension narrative, pour accrocher les lecteurs.trices. Une parenthèse : cela ne signifie pas nécessairement brancher votre livre sur 2000 volts et démultiplier les évènements dans le récit : un roman peut tout à fait avoir une intrigue simple, une dimension contemplative, mais tenir le lectorat en haleine avec des éléments qui laissent des questions en suspens.

Mais concrètement, comment procéder pour alléger un manuscrit ? Je vous propose aujourd’hui quelques pistes sur lesquelles je me base en phase de réécriture ou de corrections éditoriales (je suis en plein dedans, en ce moment, pour mon 6ème roman!) :

Huit pistes pour alléger votre texte

  • Ne dites pas deux fois la même chose. Si vous constatez une redondance (un personnage se répète, une explication revient deux fois, etc.), supprimez-la.
  • Passez en revue votre galerie de personnages et supprimez ceux qui sont inutiles, égarés au milieu du texte comme des plantes vertes, à fonction décorative. Si vous avez un doute, demandez-vous si leur disparition troublerait les intrigues principale ou secondaires. Et lorsque plusieurs personnages paraissent partiellement inutiles, on peut aussi les regrouper en un seul, plus consistant et nuancé.
  • Essayez de retirer le début d’une scène ou d’un chapitre, pour commencer au milieu de l’action, in media res comme le dit Horace dans l’Art Poétique). Un petit exemple personnel avec les premières phrases du chapitre 2 de Plus que toute autre chose :
  • «, Bon, Maman, je dois te laisser. Hervé ne va pas tarder à rentrer, je vais commencer à préparer le repas.
  • Je perçois son soupir d’aise à l’autre bout du fil. »
  • Vous voyez que j’ai épargné aux lecteurs.trices le téléphone qui sonne, le « je décroche, allo, c’est maman, bonjour, comment vas-tu », etc. pour entrer directement dans le vif du sujet.
  • Supprimez les longueurs. Le regard de vos bêta-lecteurs.trices est ici précieux, car ils ont sur le texte un recul que nous n’avons (en général) pas. 😉
  • Allégez, fluidifiez vos phrases lorsqu’elles sont trop chargées ou lourdes
  • Enlevez les éléments qui ne sont pas au service de l’intrigue. Je vous donne un exemple : dans mon nouveau roman, j’avais précisé que deux personnages (qui ne se croisent pas) avaient travaillé tous deux comme médecin dans la même maison médicale. Mon éditrice m’a fait remarquer que cet élément poussait les lecteurs à cogiter, à attendre quelque chose de cet « indice », alors qu’il n’avait, au bout du compte, aucune utilité dans l’histoire. Je l’ai donc retiré.
  • En début de roman, supprimez toutes les informations dont la divulgation peut attendre, afin de ne pas surcharger votre premier chapitre.
  • Quand c’est possible pour vous, élaguez aussi tous les passages qui ne font pas avancer l’intrigue, qui ne donnent pas d’informations sur un personnage ou sur l’univers du livre.

Voilà pour ces quelques idées.


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.