L’erreur que 95% des auteurs font sur Instagram

Autrefois, pour faire connaître son livre, il fallait compter sur les médias. Obtenir un passage télé. Appeler cette copine de votre grand-mère animatrice sur une radio locale. Faire des pieds et des mains pour un article dans le journal de la région.

Mais les temps ont changé. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, vous disposez d’une opportunité incroyable. Celle de créer votre propre média personnel. Pour toucher directement votre lectorat, sans intermédiaire.

Faire connaître vos romans, séduire de nouveaux lecteurs et de nouvelles lectrices.

Et j’ai une bonne nouvelle : Vous avez toutes les qualités pour créer un compte Instagram d’auteur(e) captivant. Justement parce que vous écrivez. Que vous savez raconter des histoires.

Si le lien entre la narration et Instagram ne vous paraît pas évident, pas de panique. Vous n’êtes pas seul(e) dans ce cas. 95% des auteur(e)s omettent de mener une réflexion de fond au sujet de leur compte Instagram-vitrine.

Ils postent des photos de leur chien, de leurs enfants, de leurs vacances. La fiche personnage de leur héros ou héroïne, de but en blanc. Annoncent platement la sortie de leur livre (“mon livre sort demain”), ou une dédicace (“Ce dimanche, je serai en dédicace à l’espace culturel Leclerc de Mouans-Sartoux, venez nombreuses et nombreux”).

En général, côté lectorat, cela ne déchaîne pas les foules.

Si vous en êtes là, j’aimerais partager avec vous quelques pistes pour améliorer la situation.

1. Pour qui postez-vous ? Cette première question est primordiale. Parce que si votre but est de faire connaître votre univers, de faire croître le nombre d’abonné(e)s sur votre compte, puis de leur donner envie de lire vos romans, la réponse sera simple : vous postez pour votre lectorat.

Votre « ligne éditoriale » sera donc très différente d’un compte Instagram personnel. Les photos de votre chat, de vos enfants, de vos vacances n’intéressent pas franchement les personnes qui ne vous connaissent pas.

Sauf (éventuellement) si vous en profitez pour les impliquer, les faire réagir (cela nous mène au point 2). Le mieux, en la matière, est de faire le chemin à l’envers : Plutôt que publier un post à partir de vos envies, questionnez-vous d’abord sur les sujets susceptibles d’intéresser vos lectrices et vos lecteurs.

Vous pourrez alors vous positionner au carrefour entre leurs attentes et ce qui vous fait plaisir.

2. Histoire et émotion : Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de ce mail, c’est celle-ci. La formule magique des posts attrayants sur Instagram : Raconter une histoire et susciter une émotion.

C’est contre-intuitif, parce qu’on a l’habitude de se cantonner aux faits purs (« je serai en dédicace dimanche »). On décrit les événements. Parfois, on se fixe pour objectif de « donner de la valeur » (expression favorite de certains coachs Instagram) avec un contenu éducatif, vecteur de connaissances.

Et le résultat est aussi plat qu’une crêpe au sucre sans Chantilly.

Je vais vous donner un exemple pour que ce soit plus clair : Il y a quelques mois, j’ai voulu parler, sur mon compte Instagram, de la difficulté du dévoilement pour les auteur(e)s. J’aurais pu me contenter de dire que publier un livre signifiait apparaître aux yeux du monde, et que ce n’était pas forcément simple.

Rester vague et généraliste, dispenser des conseils façon coach en affirmation de soi. Mais j’ai préféré raconter une petite histoire. J’ai commencé en parlant du dévoilement important qu’avait représenté pour moi la publication de « Psy, jeûne et randonnée ».

Puisque j’y expose en détail le déroulé de séances de Gestalt-thérapie, du point de vue de la thérapeute. J’ai raconté que j’en avais parlé à ma superviseure, évoqué ce qu’elle m’avait répondu.

Et j’ai enchaîné sur une réflexion au sujet de la créativité, la joie d’écrire, de la nécessité de lâcher l’idée qu’il n’existe qu’une vérité, qu’une bonne manière de faire.

Vous le voyez : je n’ai pas privilégié le factuel ni la valeur pédagogique. J’ai raconté une petite histoire, avec un petit suspense. J’avais en tête l’émotion que je souhaitais susciter chez mes followers : quelque chose de joyeux, en lien avec la confiance en soi, la détente, la tranquillité, la liberté d’être soi-même.

Bien sûr, le factuel n’est pas à bannir. Vous pouvez évidemment relater des événements, rendre compte d’observations, citer des chiffres ou des recherches. Le conceptuel est aussi intéressant (manier des idées, des analyses, des conseils…).

Mais l’élément primordial à garder à l’esprit, c’est l’implication des personnes qui vous lisent. Essayez de les surprendre, de faire appel à leur imagination. Stimulez leur curiosité. Suscitez chez elles une interrogation, une réflexion.

Créez de la proximité. Et pour cela, rien de tel que les histoires (nous sommes des êtres de récit) et l’émergence d’une émotion.

Rassurez-vous ici : il n’est pas nécessaire de déballer votre vie privée. Une histoire peut être extrêmement banale. Vous pouvez raconter une anecdote à la pizzéria. Parler de la façon dont vous cultivez votre potager.

De détails du quotidien. Puis utiliser le récit, des images, des analogies, des métaphores pour rendre le tout captivant. Et développer un point de vue, un enseignement que vous avez tiré de cette expérience, ouvrir un débat, etc.

3. Un post Instagram, c’est comme un premier chapitre : Lorsqu’on débute un roman, on a pour objectif d’accrocher notre lectorat. De susciter son intérêt. Dans un post, c’est la même chose, à plus petite échelle.

Lorsque vous voulez dire quelque chose, posez-vous donc toujours la question de l’accroche. La première phrase, la première idée que vous allez amener sur la table.

Petit exemple : Remarquez la différence entre cette phrase introductive : “Je serai en dédicace ce week-end”. Et celle-ci : “La première fois que j’ai été conviée à une séance de dédicaces, j’étais en état de stress niveau 12 sur l’échelle de Richter (celle qui s’arrête à 9)”.

4. Vous n’êtes pas graphiste, bénissez la loi de Pareto : C’est une réalité sur Instagram : l’esthétique des comptes n’a désormais que très peu d’influence sur leur succès. Certain(e)s auteur(e)s cartonnent avec des identités visuelles extrêmement simplistes.

Passer des heures sur le logiciel Canva pour peaufiner une diapositive est donc inutile. C’est l’essence de la loi de Pareto : se concentrer sur les 20% d’actions qui amènent 80% des résultats.

5. Non, il n’est pas nécessaire de poster 3 Reels, 2 carrousels, 2 posts simples et 10 stories par semaine. Il vaut mieux poster deux fois par semaine pendant un an que dix fois par semaine durant un mois puis s’arrêter.

La persévérance est votre meilleure amie. Un compte Instagram ne décolle jamais en quelques semaines. C’est long et c’est normal. Mais petit à petit, en restant motivé(e), en parlant de ce que vous aimez, de votre univers singulier, en montrant ce qui vous caractérise, en racontant de petites histoires originales, en parlant avec créativité de vos romans, vous saurez vous faire connaître.

C’est long, mais c’est un beau voyage…


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.