« Lire les autres ou écrire ? » : la question qui débloque

Il y a quelques semaines, j’ai reçu un électrochoc. En ce moment, je suis plongée dans l’écriture de mon septième roman. Et le démarrage a été un peu poussif. Je me posais beaucoup de questions : sur le genre dans lequel je voulais positionner mon récit, sur les voix singulières des quatre narrateurs, sur les thèmes abordés.

Je me sentais en difficulté, j’avançais avec peine. Jusqu’à ce que je lise une phrase qui a levé mes blocages.

Revenons à notre sujet. Fin août donc, je suis tombée sur un post Instagram de la talentueuse coach littéraire Emmanuelle Jappert (que je vous conseille de suivre !).

Elle y parlait du livre qui avait accompagné son été, et de son désir pressant, ensuite, d’enchaîner avec la lecture d’un autre roman. « La pile est haute de tous ceux qui me tendent les bras ».

Et puis, elle a stoppé net son élan, en se remémorant la question qu’elle pose à celles et ceux qu’elle accompagne : « Veux -tu lire les autres ou écrire et créer ? »

Si vous êtes auteur(e), vous connaissez sûrement cet élan irrépressible de plonger dans toutes ces histoires « qu’une vie ne suffira pas à lire », comme le dit si bien Emmanuelle. Pour ma part, j’ai énormément lu cet été.

Des choses très éclectiques. De « Bienvenue aux bergeronnettes » de Coralie Caujolle (un délice) à « La familia Grande » de Camille Kouchner, en passant par Paul Watzlawick, Sarah Jollien-Fardel, Olivier Bourdeaut, Virginia Woolf et bien d’autres ouvrages encore.

(Je prévois de vous faire un nouvel épisode de ma série « écrire comme… » sur Virginia Woolf prochainement ! Cette autrice est tellement époustouflante…). Bref… le vrai mode « boulimique de lecture », qui enfle et s’autoalimente jusqu’à devenir incontrôlable.

(Ça vous parle ? 🤣).

Et parallèlement à ça, je tentais d’écrire mon roman. Sur Google Drive, à même mon téléphone. Dans les miettes de temps restantes. Dans les interstices de la vie. Je tâchais d’entrer immédiatement dans le rythme, dans le flow… avec plus ou moins de succès.

Redéfinir ses priorités

En découvrant le post d’Emmanuelle, j’ai réalisé que je devais redéfinir mes priorités. Certes, je veux lire. Je veux me cultiver. J’aimerais parcourir une multitude de romans, d’essais, de livres en tout genre.

Mais je souhaite aussi écrire. Ardemment. Et pour cela, il me faut du temps. J’ai besoin de ralentir.

Se poser pour laisser l’histoire se déployer

Comme le dit Nathalie Goldberg dans « Pourquoi écrire va vous rendre heureux », nous avons en nous des souvenirs, des sentiments et des expériences, mais nous ne pouvons pas « les faire glisser tout élaborés sur le papier comme un cuisinier qui sort une pizza du four ».

Nous avons besoin de nous poser, d’ouvrir en nous-mêmes un espace suffisant pour laisser notre histoire se déployer, s’installer, nous habiter. D’être disponible pour attraper des idées au vol, faire des liens, maintenir une continuité dans le processus d’écriture.

Et peut-être qu’en ce moment, vous êtes dans cette situation, vous aussi. Que vous identifiez la nécessité d’accorder plus de place à votre roman dans votre vie. De repousser la lecture de ce roman génial de la rentrée littéraire qui vous a fait de l’œil à La Grande Librairie.

De vous permettre de différer des choses apparemment incontournables mais qui, au fond, ne sont pas aussi importantes que votre manuscrit.

Voilà pourquoi la question d’Emmanuelle me paraît si précieuse. « Veux -tu lire les autres ou écrire et créer ? » Peut-être qu’aujourd’hui, votre pile à lire peut attendre…


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.