Marie Vareille est l’autrice de 8 romans pour adultes et 3 romans jeunesse.
Plus d’un million de ventes au total dans le monde. Plusieurs prix littéraires. Des traductions dans plus de dix pays. Pourtant, avant son 4ème roman adulte, elle ne vivait pas encore de sa plume.
Quand on lit chacun de ses romans, dans l’ordre de parution (je les ai tous lus !), on est impressionné par l’évolution de sa plume
L’acquisition progressive d’une forme de savoir-faire, de maturité. Le tournant est flagrant entre son 3ème et son 4ème roman pour adultes : entre Là où tu iras j’irai et La vie rêvée des chaussettes orphelines.
La critique et le lectorat ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. La vie rêvée des chaussettes orphelines s’est écoulé à plus de 200.000 exemplaires et a remporté deux prix littéraires.
Avec ce roman-là, elle a pris un virage.
Elle s’est mise à détourner les codes du thriller pour écrire des livres dits “feel-good”.
Une idée lumineuse.
La créativité, c’est combiner
Pourtant, Marie Vareille n’a rien inventé. C’est d’ailleurs la définition même de la créativité. Comme le dit Austin Kleon dans son best-seller “Voler comme un artiste”, tout travail de création prend racine dans ce qui a été fait auparavant.
Rien n’est totalement inédit. Nous sommes toutes et tous porteur(se)s d’un kaléidoscope unique d’influences. Créer, c’est collecter, choisir, et transformer ces inspirations afin de façonner un univers qui nous est propre.
La nouveauté n’est pas invention, elle est combinaison. Au début de son parcours littéraire, Marie Vareille avait écrit 3 comédies romantiques, avec un canevas très classique, montrant très clairement qu’elle avait su intégrer, intérioriser tous les codes du genre.
Mais d’un coup, avec La vie rêvée des chaussettes orphelines, elle a radicalement changé sa manière de raconter une histoire
En combinant des choses que peu de gens avaient pensé à combiner avant elle. Une fin heureuse, un intérêt pour la psychologie, une pincée de romance (ingrédients du feel-good). Avec un rythme haletant, des enjeux forts, du mystère et du suspense gérés habilement, des retournements de situation et des twists incroyables (ingrédient du thriller).
Le succès a immédiatement été au rendez-vous.
Deux enseignements de son parcours
J’en retiens deux choses importantes :
La première, c’est qu’un parcours littéraire n’est jamais figé. Il y a toujours moyen de progresser, de se réinventer. De bousculer les codes, les structures narratives.
Bien sûr, acquérir un tel savoir-faire prend un peu de temps. Marie Vareille a rencontré le succès après plusieurs années de carrière, ce qui est le cas de la majorité des auteur(e)s qui vivent de leur plume, en France, en avançant avec patience et persévérance.
Mais c’est une perspective enthousiasmante.
La deuxième chose, c’est l’idée que chacun(e) d’entre nous peut créer sa propre recette. En utilisant le pouvoir de l’effet cumulé, théorisé par Darren Hardy.
En littérature, nous procédons souvent par addition, pour obtenir un résultat supérieur à la somme des parties. Une excellente idée de roman provient de la combinaison de plusieurs bonnes idées.
Un suspense puissant se crée en combinant de petites briques de suspense. Une forme novatrice peut naître de la combinaison de plusieurs genres littéraires. Et notamment du détournement des codes du thriller, pour écrire un roman dans un autre genre, quel qu’il soit.
Romance, feel-good, roman historique, roman contemporain, fantasy, science-fiction, etc. Pourquoi ? Parce que tous les bons thrillers sont par essence des page-turners. Des romans que l’on ne peut plus lâcher une fois entamés.
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