“Lire, c’est cueillir. Lire est un geste actif.” C’est Amélie Nothomb qui nous le dit.
Il est indéniable que, quand nous travaillons sur notre manuscrit, nous ne créons pas à partir du néant. Notre écriture est toujours influencée par nos lectures, par les écrivains que nous aimons et admirons.
Pourtant, certain(e)s auteur(e)s ont peur de lire dans les périodes où ils/elles écrivent (c’est-à-dire souvent 😉). Par crainte du plagiat. La question revient régulièrement sur les réseaux sociaux, et c’est vrai que c’est un sujet sensible.
Mais je crois que nous en avons parfois une crainte excessive, au point de nous inhiber ou de nous interdire certaines formes “d’imprégnation”.
Ce qui relève vraiment du plagiat
Bien sûr, il faut être vigilant.e à ne pas reprendre des fragments de textes ou des expressions singulières, à ne pas copier l’agencement des idées d’un auteur ou composer un patchwork en piochant dans une œuvre.
(Remarquez que je parle de “l’agencement des idées” ici, c’est une nuance importante, car les idées en elles-mêmes ne sont pas brevetables).
Mais il n’est pas interdit de se nourrir de nos livres favoris (c’est même tout à fait conseillé). Si vous avez suivi ma masterclass “Voix unique”, sur le style, vous m’avez entendu évoquer la méthode Zettelkasten.
Il s’agit d’une technique de prise de notes qui consiste à extraire de nos lectures des briques de connaissance, afin de les réassembler, par la suite, pour en faire des créations nouvelles.
C’est la base des méthodes actuelles d’élaboration d’un “deuxième cerveau numérique”.
En écriture, c’est la même chose. Lorsque nous lisons, nous prélevons des briques au détour des pages : ici un mot qui nous plaît, là une manière intéressante d’introduire un personnage, ailleurs une anaphore qui nous frappe, un champ lexical qui éveille des souvenirs sensoriels, une idée marquante…
Nous le faisons d’ailleurs souvent depuis l’enfance, c’est ainsi que s’est construite notre façon d’être écrivain(e). Et puis nous remanions nos cueillettes, nous bâtissons des murs neufs à partir de briques éclectiques.
Deux antidotes à la peur du plagiat
Selon moi, deux choses peuvent aider à dissiper les craintes concernant le plagiat. Tout d’abord, le fait d’avoir des influences très diverses, des lectures variées. Cela vous protège des similitudes avec un seul auteur.
Et puis le travail sur votre confiance en votre plume et votre singularité, en laissant venir dans vos écrits ce que vous êtes, votre expérience de vie, sans vous comparer à d’autres.
Pour, petit à petit, trouver votre voix… tout en vous réjouissant de tout ce que les écrivains (du passé ou du présent) vous apportent.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.