Tout roman efficace commence par un premier chapitre engageant. Ça peut paraître simpliste, dit ainsi, mais c’est crucial, et assez complexe à gérer en pratique.
Votre premier chapitre sera souvent votre unique occasion de séduire les lecteurs et lectrices qui feuilletteront votre livre sur les plateformes d’autoédition, tout comme les éditeurs, qui n’iront pas plus loin dans votre manuscrit s’ils sont déçus après quelques dizaines de pages (c’est dur, mais c’est une réalité).
Le dilemme réside au croisement d’impératifs parfois contradictoires : captiver votre lectorat, présenter suffisamment la situation initiale, vos personnages et l’univers de votre livre, sans verser dans la surcharge d’informations.
Vous avez tout le temps : n’entassez pas
Commencez par vous souvenir que vous avez du temps. C’est long, un roman. Vous disposez de dizaines et dizaines de pages devant vous pour laisser votre histoire se déployer. Il n’est pas nécessaire de tout déballer au premier chapitre (c’est même fortement déconseillé😉 ).
En ce qui concerne l’univers du livre, tâchez d’être concis(e) mais précis. Le fait de poser le cadre, d’évoquer la temporalité, les lieux est important pour que votre lectorat puisse s’orienter, sans vous enliser dans des descriptions rébarbatives.
Faites aussi en sorte d’être clair(e). Rien de pire qu’un démarrage incohérent ou confus au cours duquel on ne comprend pas qui est présent ou ce qui se passe.
Ouvrez sur un conflit
En matière de personnages, l’un des ressorts les plus efficaces au premier chapitre est d’utiliser un conflit. Placez votre protagoniste principal dans une situation qui provoque une tension, qui le confronte à ses difficultés, mettez-le face à un personnage qui le malmène.
Montrez-nous des facettes franches de sa personnalité. Si vous me suivez sur Instagram, vous avez peut-être vu le Reel dans lequel je cite John Le Carré : “”Le chat s’est installé sur le tapis” ne fait pas une histoire. “Le chat s’est installé sur le tapis du chien” est déjà un bon point de départ.” Formulée ainsi, la différence saute aux yeux. Le conflit qui se profile nous accroche, attise notre curiosité, crée une attente.
Pour autant, vous le constatez, on ne connaît pas encore tous les détails de la situation, l’enfance du chien, la couleur des yeux du chat ou la marque de ses croquettes. Distiller l’essentiel, patienter avant d’amener le reste, et faire durer le conflit suffisamment longtemps sont des éléments primordiaux.
Montrez, et affirmez votre style
Pensez aussi à montrer plutôt que dire, et à affirmer votre style dans ce premier chapitre. Si cela vous inquiète, pas de panique : laissez-vous aller lors du premier jet, et prenez le temps nécessaire pour retravailler votre texte par la suite. Le premier essai n’est pas toujours le bon, c’est juste normal…
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.