Vous interdisez-vous des choses en écriture ?

L’été dernier, j’ai été l’invitée du podcast Métamorphose. Une très grosse production, puisqu’il s’agit du deuxième podcast de France. Ce fut un moment incroyable, inoubliable. De ceux qu’un chemin d’écriture mené dans la durée peut nous faire vivre, de manière totalement inattendue.

Lorsque le podcast a été publié, il était accompagné de la petite description suivante : Guila Clara Kessous reçoit dans Métamorphose Fanny Gayral, médecin, Gestalt-thérapeute, poétesse, artiste juralpine et auteure.

Si je suis bien docteur en médecine et Gestalt-thérapeute, je ne suis pas poétesse, encore moins « artiste juralpine ». (D’ailleurs le mot « juralpine » ne figure même pas dans le dictionnaire 😂).

Je me suis demandé d’où pouvait bien sortir cette bio surprenante ! (J’ai su plus tard qu’il s’agissait d’un mélange avec celle d’une autre invitée). Suite à cela, l’une de mes amies autrices m’a écrit : « Je ne savais pas que tu étais poétesse.

Mais ça ne m’étonne pas, car j’avais trouvé que « le début des haricots » était rédigé dans un style soutenu et poétique ». Je lui ai répondu qu’il s’agissait d’une erreur ! Mais son message a suscité pour moi un déclic.

Depuis que je suis enfant, j’adore lire de la poésie. Et j’ai écrit de nombreux poèmes, jusqu’à la parution de mon premier roman. J’ai réalisé que, depuis que j’avais des lectrices et des lecteurs, je m’étais (inconsciemment) interdit de continuer de ce côté-là.

Par peur « d’être mauvaise » (alors même que je ne faisais jamais lire ces textes-là à personne). J’ai senti que l’envie d’écrire de la poésie était toujours présente pour moi, même si je ne m’autorisais pas à le faire.

J’ai décidé de passer outre mes craintes et blocages, et d’intégrer cet aspect-là dans mon prochain roman. Il contient donc plusieurs poèmes.

La question que je vous pose

Et c’est cette petite réflexion que j’aimerais vous proposer cette semaine. Y a-t-il actuellement des choses que vous vous interdisez, plus ou moins consciemment, en matière d’écriture ?

Avez-vous tendance à réfréner vos élans, par crainte du jugement, du « qu’en dira-t-on » ? Aimeriez-vous explorer un nouveau genre littéraire, ou mixer plusieurs genres, tenter des formes différentes, originales, aborder des sujets délicats, sans oser le faire ?

Si tel est le cas, je souhaiterais vous inciter à sauter le pas et à laisser plus d’amplitude à vos désirs, à votre créativité. L’écriture est un espace de liberté. C’est souvent évident en théorie, un peu moins en pratique.

Certaines zones restent à (re)conquérir. Vous avez peut-être tendance à vous mettre des barrières. Vous portez peut-être en vous des blessures ou des inquiétudes. Mais si vous vous donnez plus de latitude, vous découvrirez peut-être une créativité et une singularité nouvelles.

Créer ou se protéger

Comme le dit Ludovic Leroux, auteur du livre « Nerf vague » : « Soit je crée, soit je me protège ». Nous ne pouvons pas être pleinement créatif(ve) si nos systèmes d’alerte, de protection sont actifs.

Cela nous invite à accepter une certaine forme de vulnérabilité… pour le meilleur ! 😊


Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.