Parmi les auteur(e)s qui me suivent, beaucoup ont de belles ambitions. Trouver un éditeur. Vendre plusieurs milliers d’exemplaires de leurs livres. Devenir écrivain à plein temps et vivre de leur plume.
Écrire un roman captivant, impossible à lâcher. (Et je trouve cela formidable. C’est bien de rêver grand). Ils se posent beaucoup de questions sur les moyens d’écrire un roman haletant, captivant, voire un best-seller.
C’est peut-être votre cas aussi. Et la vérité c’est qu’il n’existe pas de recette magique. Cependant, il existe des écueils qui font qu’un livre sera à coup sûr un échec. Qu’il ratera la possibilité de toucher ses lecteurs et lectrices.
Écueil 1 : pas de thème fort
Un roman qui n’a pas de thème fort, ou dans lequel l’auteur(e) ne développe pas son point de vue, par exemple, risque fort d’être fade. Tous les professeurs de dramaturgie vous le diront : la vision du monde d’un(e) auteur(e) est primordiale et vous ne pouvez pas en faire l’économie.
Un thème, ce n’est pas un simple mot, décliné de façon neutre. Comme “l’humilité”, par exemple. C’est le développement de votre point de vue spécifique autour de ce mot. Ce que vous pensez de l’humilité, ou à l’inverse de l’orgueil, votre définition de ces termes, ce en quoi vous croyez à ce sujet, ce qui compte pour vous.
Votre manuscrit doit être coloré, teinté de votre perspective. Vous n’êtes pas un œil de caméra. Vous êtes un être vivant, vibrant, sensible, affecté (oui tout ça !😉). Prenez le roman “Tout le bleu du ciel” qui a propulsé Mélissa Da Costa en tête des ventes en 2023 : il transmet des messages clairs sur les thèmes de la résilience, de la quête de sens.
L’autrice invite ses lecteurs et lectrices à ne pas baisser les bras face à l’adversité, à ne pas se laisser définir par les problèmes, à chercher le sens de leur vie. Elle se positionne clairement.
Écueil 2 : des enjeux trop légers
De la même façon, une histoire dont les enjeux sont trop légers ne sera pas mémorable. Imaginez une héroïne qui retrouve subitement la liste des choses qu’elle voulait vivre, rédigée à l’âge de 14 ans.
Elle pourrait décider de réaliser ces items pour s’amuser. Ou parce que l’un de ses proches lui ferait remarquer qu’il est dommage d’avoir renoncé à ses rêves. Mais si accomplir chacune de ces actions, une à une, en une année maximum, est la condition sine qua non pour toucher l’héritage de sa mère (un empire dans le domaine de la cosmétique), l’histoire devient tout de suite beaucoup plus palpitante.
Parce que l’héroïne a, d’un coup, beaucoup plus à perdre ou à gagner. Ce qui est la définition même des enjeux en narratologie. (Cet exemple est le pitch du best-seller The Life List, en français “Demain est un autre jour”, de Lori Nelson Spielman).
Des écueils comme ceux-ci, on peut en citer des dizaines. Manque de connexion émotionnelle entre le lectorat et le protagoniste, manque de tension narrative, longueurs, accès insuffisant aux émotions du personnage principal, dialogues peu intenses, etc.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.