Chez Albin Michel, mon éditrice est aussi directrice du service des manuscrits. Lorsque nous nous sommes rencontrées pour la première fois à Paris, elle m’a montré les étagères de son bureau, chargées de manuscrits du sol au plafond, et m’a dit : « On en reçoit 6000 par an. Ceux que nous publions se comptent sur les doigts d’une main »
C’est sûr que, dit ainsi, ça peut paraître décourageant. Mais il ne faut pas être trop impressionné(e) par ce chiffre (je vous dirai pourquoi à la fin de ce mail 😉). Et je suis convaincue qu’aujourd’hui, les auteur(e)s disposent de canaux beaucoup plus nombreux qu’auparavant pour espérer voir leur roman publié, si ce dernier a du potentiel.
Je pense vraiment que, lorsqu’on souhaite être publié(e), il ne faut plus se contenter d’envoyer son manuscrit par la poste à cinq maisons d’édition puis d’attendre la réponse durant des mois.
Mon éditrice chez Albin disait qu’elle avait confiance dans le fait qu’un(e) auteur(e) talentueux.se finissait toujours par émerger. Encore faut-il se donner les moyens d’être visible…
Vous pouvez, bien évidemment, poster des manuscrits papier si vous le souhaitez, et je vous le conseille, en tenant compte des lignes éditoriales, mais il est primordial de ne pas en rester là.
Six pistes au-delà de l’envoi postal
1. Première piste : Soumission en version numérique : Certaines maisons d’édition (notamment Fleuve, Michel Lafon…) disposent d’un service manuscrit en ligne ou par email. Vous pouvez ainsi soumettre facilement et gratuitement votre livre en quelques clics.
Épluchez les listes de maisons d’édition susceptibles de correspondre à votre profil, et adressez-leur votre texte (contactez-en beaucoup. 5 ou 10, ce n’est pas suffisant ! 😉).
2. Librinova, Édith et nous, ou autres plateformes de mise en contact avec des éditeurs. Si je démarrais ma carrière de zéro aujourd’hui, j’opterais pour l’une de ces solutions (Librinova, probablement, via leur programme Agent d’auteur après 1000 exemplaires vendus), pour accroître ma visibilité.
3. L’auto-édition : Autoéditer votre roman ne vous empêche pas de l’envoyer à des éditeurs par la poste, en parallèle. Ce sont deux démarches qui se complètent. Vous n’avez rien à perdre, et avec du travail, un succès en auto-édition peut devenir explosif.
4. Les concours d’écriture : Je parle en connaissance de cause. Le prix Nouveau Talent et le concours de nouvelles J’ai Lu « Sur un malentendu » ont joué un rôle primordial dans mon parcours : ils ont donné plus de crédit à mes quatrièmes de couverture, j’ai noué des contacts, reçu des encouragements, une proposition de contrat…
5. Les réseaux sociaux : C’est un travail de moyen terme, car construire une audience ne se fait pas du jour au lendemain… mais petit à petit, votre visibilité s’étoffera.
6. Les salons du livre sont l’occasion de faire de belles rencontres et d’enrichir votre réseau.
L’essentiel : un roman abouti
Tout ceci étant dit, il reste un élément primordial : votre livre doit être captivant et abouti. C’est la base, sans laquelle aucune publication en maison d’édition n’est possible. Voilà pourquoi je vous disais de ne pas être trop impressionné(e) par le nombre de manuscrits que reçoivent les maisons d’édition.
Tous mes éditeurs me l’ont dit : ces textes, pour la plupart, ne sont pas assez travaillés ni cohérents. Beaucoup sont des autobiographies qui n’accrochent pas suffisamment les lecteurs.
Beaucoup ne cadrent pas avec les lignes éditoriales. Ils n’ont pas d’identité forte. Leurs premiers chapitres sont bancals. Leurs intrigues sont mal construites, leurs personnages sont peu épais.
Prenez donc grand soin de votre roman, de sa qualité.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.