Je n’ai pas toujours travaillé selon la méthode classique « Premier jet, réécriture, correction ». J’ai notamment écrit « Le début des haricots » en me relisant souvent en cours de route et en corrigeant chaque paragraphe au fur et à mesure.
Avec le temps et l’expérience, je me suis rendu compte que cette façon de faire avait du bon, car elle me permettait de rester immergée dans le flow et de gagner du temps. Alors que je m’apprête à entrer dans cette phase pour mon sixième roman, je vous propose quelques conseils pour aborder au mieux la rédaction du premier jet de votre roman :
Pensez monotâche :
Pourquoi utiliser la méthode du premier jet ? Dans son livre « Arrêtez d’oublier ce que vous lisez », Eliott Meunier cite une étude qui montre que « plus on effectue de tâches en simultané, moins on est productif ».
Il est démontré qu’« en changeant constamment de mode et en relisant ce que l’on vient à peine d’écrire, nous ralentissons la rédaction de notre texte ». Le changement d’attention perturbe notre progression et nous empêche d’atteindre l’état de flow.
Soyez régulier :
L’écriture d’un premier jet est une course de fond, pas un sprint. Ne brûlez pas toutes vos ressources dès le départ, vous risquez de vous essouffler. Avancez un pas après l’autre, en intégrant cette activité à votre quotidien.
Fixez-vous des objectifs réalisables :
Oui, certains auteurs bouclent le NaNoWriMo et écrivent un roman de 350.000 signes en un mois, mais ce n’est peut-être pas votre rythme, à vous. Si vos objectifs vous angoissent ou vous forcent à tout bâcler, il est temps de les revoir.
Vous aurez peut-être besoin de trois, six ou douze mois, et ce sera très bien comme ça.
Ne bâclez pas la préparation d’amont :
Concevoir un plan, imaginer vos personnages avant de vous lancer vous fera gagner du temps. À court terme, puisqu’à chaque fois que vous vous mettrez au travail, vous connaîtrez les grandes directions de votre livre, disposerez d’une feuille de route.
Et à moyen terme : la réécriture sera moins fastidieuse si le roman est déjà cohérent.
Restez bienveillant(e) envers vous-même :
Je sais, je radote sur ce point 😄, mais je suis convaincue que c’est primordial. La perfection n’existe pas, un texte aura toujours des défauts et ne plaira pas à tout le monde. Votre marge de progression est importante, et les phases ultérieures vous permettront de franchir des paliers.
Prenez des pauses :
Rien de tel qu’une respiration pour cultiver l’inspiration. Prenez le temps de vous ressourcer, d’écouter de la musique, de regarder des films, lire, de vous promener…
N’attendez pas l’inspiration :
L’inspiration fluctue, les routines maintiennent un rythme stable. Commencez à écrire même si vous ne vous sentez pas motivé(e), pas inspiré(e). Il n’est pas rare que le flow s’invite de lui-même, comme par enchantement.
Affichez des boussoles au-dessus de votre bureau :
Ce peut être un schéma récapitulant votre plan, la prémisse de votre roman (son essence en quelques phrases), une carte mentale… bref, des éléments qui vous permettront de garder le cap au fil de ce premier jet.
Prenez conscience du processus :
Je crois vraiment qu’être conscient de ce que l’on est en train de construire peut aider, tout au long de l’écriture. Demandez-vous par exemple : Quelles portes ai-je ouvertes ? À quel stade en suis-je pour chacune des intrigues secondaires ?
Quelles sont les séquences de nœuds et dénouements en cours ? Etc.
Attention aux alpha-lecteurs :
Si vous décidez de faire lire votre premier jet en cours de route, soyez vigilant(e) : ces personnes ne doivent pas saper votre confiance en votre projet. Choisissez des lecteurs.trices bienveillant(e)s, qui sauront vous soutenir et vous encourager.
Cet article est extrait du Lab, ma newsletter hebdomadaire sur l’écriture, écrite sans intelligence artificielle et avec l’élan de vous donner de nouvelles pistes de réflexion pour votre processus d’écriture. Pour la recevoir chaque semaine et accéder à mes ressources gratuites pour auteurs et autrices, c’est ici.