Un peu de caricature ?

Dans la continuité de mon post précédent, un conseil que l’on lit souvent est de ne pas sombrer dans la caricature en matière de personnages.

Je suis en partie d’accord avec cette idée : un personnage trop caricatural ne suscitera pas d’émotion chez le lecteur (par exemple, construire un personnage féminin superficiel avec une jeune femme blonde, vêtue de rose, phobique des souris et hurlant dès qu’elle se casse un ongle n’est pas vraiment pertinent. Elle manquera de contrastes et risque de laisser le lecteur de marbre).

Cependant, il me semble qu’un peu de caricature peut aussi être utile. La littérature n’est pas exactement la vie, elle fait un pas de côté et ce qui s’y passe est souvent plus fort, plus intense que notre lot quotidien. Grossir un peu le trait donne du relief aux personnages et soutient la catharsis. On peut partir d’un cliché, qui parlera au lecteur, et l’enrichir, le nuancer pour lui conférer de la singularité.

En ce qui concerne mes romans, j’ai en tête Pierre-Olivier Catrevant, le père d’Anna dans “le début des haricots” : c’est sa posture de chef de service ultra autoritaire qui pousse mon héroïne dans ses retranchements, l’obligeant à évoluer. Dans un autre registre, les traits maniaques d’Hervé dans “Plus que toute autre chose” servent les passages drôles de mon troisième roman.

Est-ce que cela vous parle ? Pensez-vous qu’un peu de caricature, dosée subtilement, peut être utile dans un roman ?

Le personnage raté

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler des personnages ratés (oui, le mot est un peu fort, mais on voit bien ainsi ce dont il s’agit. 😉 ). Ce sont ces personnages inintéressants, qui ne fonctionnent pas, auxquels le lecteur ne s’attache pas. Le personnage raté est un écueil fréquent pour les auteurs qui débutent.

En voici quelques exemples :

  • Le personnage sans nuances : par exemple, trop parfait, paré de toutes les qualités (beau/belle, gentil(le), généreux(se), brillant (e)) ou encore insipide, timide, terne. Le personnage sans nuances est pourvu d’un paysage intérieur uniforme. Pour créer un personnage de roman intriguant, il faut le doter de contrastes, de particularités antinomiques ou surprenantes, d’originalité.
  • Dans la lignée du personnage sans nuances, le personnage sans failles n’a pas de problème particulier, sa vie est idéale, tout va très bien pour lui, merci. Or, ce qu’attendent les lecteurs, ce sont des fêlures, des problèmes, des angoisses, des dilemmes, des échecs… bref, des choses à surmonter ou à transformer. Vos personnages doivent évoluer, ce sont ces processus de changement qui constituent l’âme de l’histoire.
  • Le personnage sans but : il n’a pas d’objectifs, pas de rêves, on ne sait pas ce qu’il veut, ce qu’il espère (consciemment ou inconsciemment). Clarifier en amont les enjeux de vos personnages est primordial. C’est ce qui permet, par la suite, de leur mettre des bâtons dans les roues en actionnant des leviers antagonistes, de ne pas leur donner immédiatement ce qu’ils (et que les lecteurs) désirent.
  • Le personnage inutile : il est là un peu comme un cheveu sur la soupe. Sa disparition ne troublerait ni l’intrigue principale, ni les intrigues secondaires. Il ne sert à rien, il faut le retirer pour alléger le texte. Lorsque plusieurs personnages paraissent partiellement inutiles, on peut aussi les regrouper en un seul, plus consistant, plus complexe.
  • Le personnage flou : on ne connaît ni son passé, ni ses goûts, ni ses relations à sa famille, ni son métier (et pour couronner le tout, il a les yeux bleus à la page 10, et les yeux marrons à la page 152). Le personnage flou n’a pas été suffisamment construit par l’auteur. C’est un inconnu pour tout le monde (l’auteur comme le lecteur), il nuit à la tension narrative, qui se nourrit de précision et de clarté.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà eu ce genre de problème avec vos personnages ?

Adoptez un dragon !

Depuis quelques années, je me sers régulièrement du logiciel de reconnaissance vocale Dragon, de Nuance.

La première fois que je l’ai utilisé, j’ai été époustouflée :  il suffit de parler dans le micro et le texte apparaît quasi instantanément sur l’écran. C’est franchement magique ! La marque annonce une vitesse trois fois plus rapide que la saisie au clavier, et je dirais que c’est encore plus lorsque l’on n’est pas formé à la dactylographie. (Petite précision : il faut disposer d’un ordinateur suffisamment puissant pour que le logiciel soit rapide).


Je sais que certains auteurs n’envisagent pas de se passer de clavier ou de stylo pour travailler, mais ce n’est pas mon cas. J’aime bien écrire en parlant à voix haute. Je m’en sers surtout pour rédiger le premier jet de mes textes (en phase de corrections, relecture ou tâtonnements sur certains passages, j’écris à la main). Il m’est très utile lorsque je dois rendre un manuscrit dans un délai serré, ou pour recopier des notes à l’issue d’un séminaire de formation, par exemple.

Et vous ? Connaissez-vous Dragon ? L’utilisez-vous ? Ou envisageriez-vous de l’utiliser ?

L’état de flow

Connaissez-vous l’état de flow ?
Il s’agit d’un concept inventé par le psychologue hongrois (au nom imprononçable) Mihály Csíkszentmihályi. C’est un état d’expérience optimale, un moment de grâce où l’on est totalement absorbé(e) dans une activité que l’on aime, en équilibre subtil entre maîtrise et lâcher-prise.

En état de flow :

  • Vous êtes totalement concentré(e), absorbé(e) par l’activité à laquelle vous vous adonnez, à tel point que le monde extérieur et ses contraintes semblent avoir disparu.
  • Vous avez le sentiment que le temps s’est évaporé. Les heures et les minutes défilent sans que vous vous en aperceviez.
  • L’activité en question représente un défi, nécessite des efforts (ça n’est pas valable pour “siroter un cocktail au bord d’une piscine” par exemple), mobilise vos compétences et vous réussit.
  • Vous éprouvez un très grand plaisir, un sentiment d’euphorie.
  • C’est l’activité elle-même qui vous motive et non vos attentes vis-à-vis des résultats ou la reconnaissance des autres.

Les études scientifiques en psychologie montrent que vivre régulièrement de telles expériences augmente durablement le sentiment de bonheur.

Quelques idées pour favoriser l’état de flow en matière d’écriture :

  • Travailler sur des projets qui vous motivent, choisir des thèmes qui vous passionnent, des personnages dont les caractéristiques et problèmes vous intéressent.
  • Vous placer dans un environnement propice à la concentration (calme, musique inspirante, lieu apaisant ou stimulant…).
  • Vous documenter sur les techniques d’écriture, travailler votre savoir-faire, pour développer vos compétences et asseoir votre confiance.
  • Vous donner des plages de temps suffisantes (difficile d’accéder à l’état de flow en cinq minutes seulement).
  • Lâcher les exigences de résultats, de nombre de mots ou de délais, ne pas penser aux critiques, savourer le chemin sans penser au but.

Pour ma part, lorsque j’ai découvert cette notion, je me suis rendu compte que c’était un état que j’atteignais très souvent lorsque j’écrivais, et que repérer ce qui le favorise m’aidait à le cultiver.

Et vous ? Connaissiez-vous ce concept ? Quelles activités vous mettent dans le flow ? Si vous êtes auteur, est-ce que cela vous parle ?

La pacification prématurée des conflits

Il existe en gestalt-thérapie (le courant de psychothérapie auquel je me réfère dans ma pratique) un concept appelé “la pacification prématurée des conflits”. Il s’agit, pour le thérapeute, d’être attentif à ne pas toujours vouloir rassurer immédiatement, pacifier trop rapidement les moments de crise. Traverser les crises, le chaos (avec un soutien suffisant, dans la sécurité du lien thérapeutique) peut aider le patient à comprendre ce qui se joue, à mobiliser à ses ressources, stimuler sa créativité, construire du neuf.

J’aime bien transposer cette idée à l’écriture, pour soutenir la tension narrative (avec une intentionnalité tout à fait différente, bien sûr, puisque l’auteur “s’amuse” à mettre des bâtons dans les roues de ses personnages). C’était l’un de mes travers, à mes débuts : j’avais tendance à vouloir arranger les choses trop rapidement pour mes personnages, à pacifier prématurément les conflits. Je ne les laissais pas suffisamment séjourner dans leurs problèmes.C’est, entre autres, avec mon éditrice jeunesse, chez Rageot, que j’ai réfléchi de façon approfondie à la nécessité de multiplier les obstacles, de ne pas donner trop vite aux personnages ce qu’ils désirent, de les laisser traverser suffisamment longuement leurs états émotionnels douloureux.  Cela crée une attente chez le lecteur, fait le sel de l’histoire.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que cela vous parle ? En tant qu’auteur(e), avez-vous tendance à être trop gentil(le) avec vos personnages ?

Prendre un agent littéraire ?

Ces derniers temps, on me questionne régulièrement au sujet des agents littéraires, de leur rôle, des avantages d’un tel soutien pour les auteurs. Voici ce que je peux en dire à l’aune de mon expérience : 
 
En 2016, lorsque “le début des haricots” s’est retrouvé en tête du top 100 Kindle durant plusieurs semaines, j’ai été contactée par un agent, me proposant de faire le point sur mon parcours littéraire. Je venais de signer mon premier contrat d’édition et je n’ai pas donné suite, ne voyant pas l’intérêt d’une telle collaboration à ce moment-là.
Il y a un an environ, j’ai pris la décision de faire appel à un agent afin de me libérer du travail de négociation des contrats. C’est une situation très confortable qui me permet de me concentrer uniquement sur l’écriture et je ne regrette vraiment pas ce choix (je me dis même que j’aurais dû prendre cette décision plus tôt😊). 
 
Pour prendre contact avec un agent, j’ai consulté la liste des membres de l’AALF (l’Alliance des Agents Littéraires Français, branche du SFAAL, le Syndicat Français des Agents Artistiques et Littéraires). L’adhésion à l’AALF est un gage de professionnalisme dans ce métier encore confidentiel en France.
 
Il n’est pas si évident de trouver un agent car ceux-ci, comme les éditeurs, ont des critères de sélection précis (qui tendent d’ailleurs à devenir de plus en plus drastiques avec l’augmentation du nombre d’auteurs faisant appel à eux) : ils privilégient les écrivains ayant déjà été publiés, ayant plusieurs projets édités ou dans les cartons, les auteurs ayant une certaine notoriété ou une communauté conséquente.
 
Je rejoins ici l’avis de Lucie Castel de Licares.fr, dans le podcast de Margot Dessenne (les mots raturés), sur le fait qu’il vaut mieux avoir déjà une certaine expérience de l’édition, s’être frotté(e) à la négociation, afin de savoir ce que l’on veut pour sa carrière et ses romans, avant de prendre un agent.
 
Pour finir, l’agence Librinova propose une solution un peu différente par le biais de son programme “Agent Littéraire”, une option intéressante pour les auteurs autoédités. 
 
Et vous ? Si vous êtes auteur, avez-vous un agent ? Êtes-vous intéressé(e) par cette question ?

Lecture inspirante #2

“Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent”  est un livre que je possède depuis longtemps et que je garde sur ma table de chevet (il est devenu, avec le temps, une sorte de porte-bonheur avec son titre enthousiasmant et sa couverture “oeuf d’or”).😊🍀
Il propose une belle synthèse de différents concepts de développement personnel. L’auteur expose notamment de façon très intéressante la notion d’interdépendance.

Quatrième de couverture
Ouvrage incontournable, “Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent” a été traduit en quarante langues et a inspiré des millions de personnes à travers le monde. Stephen R. Covey synthétise plusieurs siècles de sagesse et propose une véritable odyssée au coeur de la nature humaine et de ses valeurs. Grâce à un savant dosage de talent, de compassion et d’expérience, chaque page contribue à des prises de conscience fondamentales. Ne tardez pas, découvrez les sept habitudes qui vous permettront de relever les défis de votre vie privée, familiale et professionnelle, et de créer un bonheur durable !

L’avez-vous lu ? Et si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Transformer les échecs en opportunités

Petit souvenir…

Je me souviens très bien de ce soir de printemps où j’ai reçu l’appel de l’organisatrice du prix Nouveau Talent, m’annonçant que mon manuscrit  venait d’obtenir la seconde place du concours. 
Seule la lauréate (en l’occurrence @clelieavit et son brillant page-turner “Je suis là”, que je vous conseille, si vous ne l’avez pas lu) gagnait la publication de son roman aux éditions JC Lattès ainsi qu’un chèque de 10.000 euros, un beau moyen de se dégager du temps pour écrire. 
Mon manuscrit, “la génération spontanée des grumeaux” avait franchi toutes les étapes de présélection, et j’avais eu le temps de nourrir des espoirs d’édition. La déception, sur le coup, a été grande. 

Après une heure à réfléchir dans mon jardin ce soir-là, je me suis levée et j’ai pris la décision de rebondir. Je suis allée à la remise du Prix, j’ai rencontré le jury, l’écrivain Bruno Tessarech, des éditeurs. Ils m’ont encouragée chaleureusement. J’ai décidé d’écrire un nouveau roman pour le Prix de l’année suivante.  
Mon “début des haricots” a vu le jour, mais le PNT2016 a brutalement été annulé  à l’issue des premières réunions du jury.
Nouvelle déception.

J’ai alors mis mon roman en ligne sur Amazon KDP où, d’une façon assez magique, il s’est vendu à 20.000 exemplaires en quelques mois. Plusieurs éditeurs m’ont contactée, dont Albin Michel.

Si je vous raconte tout ça, c’est pour vous dire de ne pas renoncer. Les échecs sont des opportunités, l’occasion d’apprendre, de gagner en expérience, de transformer les situations.
(Et ce sont aussi des histoires à raconter 😉).

Qu’en pensez-vous ? Comment avez-vous surmonté vos échecs en matière d’écriture ?

Lecture inspirante #1

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’une lecture inspirante.

Ce livre “Le code d’une vie extraordinaire” écrit par Vishen Lakhiani, aux éditions Guy Trédaniel, figure dans mon Top 10 des livres de développement personnel. 🍀
Parce qu’il renouvelle le genre en proposant un angle de vue différent, celui d’un entrepreneur diplômé en ingénierie informatique.
Vishen Lakiani est le fondateur de Mindvalley, entreprise spécialisée dans l’amélioration des expériences d’apprentissage.
La lecture est addictive, le ton optimiste et joyeux. L’ouvrage alterne concepts théoriques, illustrations et anecdotes personnelles issues du parcours de l’auteur.
Une mine d’idées pour avancer vers vos projets (je pense notamment à ceux qui écrivent ou ont le projet d’écrire 😉).

Un exemple de concept intéressant : l’écart inverse. Il s’agit, lorsque nous sommes découragés ou tendus, de ne pas ruminer sur l’écart entre ce que nous sommes/avons actuellement et ce que nous désirons pour le futur, mais de penser à nos progrès en appréciant le chemin parcouru.
Plutôt que se dire “je serai heureux lorsque j’aurai atteint tel objectif” (écart habituel), regarder en arrière et mesurer ce que nous avons déjà accompli (écart inverse).

Quatrième de couverture :          
Et  si nous osions enfin remettre en cause tout ce que nous croyons sur le  fonctionnement du monde – nos idées sur l’amour, le travail, la  parentalité, le sexe, l’argent… ? Ce livre nous apprend à penser comme  certains des plus grands esprits non-conformistes de notre époque tels  Elon Musk, Richard Branson et bien d’autres, de remettre en question, de  défier, de pirater et de créer de nouvelles règles afin de définir le  succès selon ses propres termes. Combinant la pensée informatique, la  théorie intégrale, la spiritualité moderne, la biologie évolutive et  l’humour, Vishen Lakhiani fournit un cadre révolutionnaire de 10 lois  pour avoir un esprit extraordinaire et nous permettre de donner du sens à  notre vie. Une fois que vous découvrirez le code, vous interrogerez vos  limites et réaliserez qu’il n’y en a pas.

La singularité en écriture

Depuis l’invention de l’écriture en Mésopotamie il y a 5000 ans (clin d’oeil à ceux qui ont lu ma nouvelle “Allo Socrate, ici Wondermum” et/ou aux parents qui redécouvrent de lointains souvenirs scolaires aux côtés de leurs enfants à l’occasion du confinement), on peut considérer que toutes les thématiques existantes ont été abordées en littérature.

Ce ne sont ni les idées principales ni les thèmes de votre roman qui lui confèrent son originalité. Nombre de best-sellers traitent de sujets mille fois abordés, et universels.

Ce qui va faire la singularité de votre livre est la façon dont vous allez vous emparer de cette thématique. Votre style, votre ton, l’agencement de vos phrases, votre poésie personnelle, vos personnages (qui, comme tout être humain, sont uniques), vos choix scénaristiques, les détails de votre univers, l’enchainement des événements et des rebondissements, votre façon de gérer le suspense…


En somme, l’étoffe dont vous êtes fait(e), transposée dans un roman.


Qu’en pensez-vous ?  Êtes-vous travaillé(e) par cette question de l’originalité, de la singularité ?